Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 4

L'appel aux disciples

Étude de la semaine : Lc 5.1-11, 6.12-16, 9.1-6, Mt 10.5-15, Lc 10.1-24, Lc 9.23-25, Mt 16.24-28

Versets à mémoriser: " « Il disait à tous: « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » (Lc 9.23). "

« Disciple » signifie un adepte, ou un élève. Le terme disciple apparait plus de 250 fois dans la Bible, principalement, mais pas exclusivement, dans les évangiles et les Actes.

Être un disciple fortifie l’esprit, stimule l’intelligence et exige notre maximum dans notre relation avec Dieu et nos semblables. Sans une fidélité totale à Christ, aux exigences de sa vie et de son message, il ne peut y avoir de discipulat. Existe- t-il vocation plus élevée?

« Dieu prend les hommes tels qu’ils sont et les façonne pour son service s’ils se soumettent à lui. Quand une âme reçoit l’Esprit de Dieu, toutes les facultés sont vivifiées. L’esprit qui se consacre à Dieu sans réserve se développe harmonieusement, sous la direction du Saint-Esprit, et il devient capable de comprendre et de satisfaire les exigences de Dieu. Le caractère faible et vacillant devient fort et ferme. Par une adoration continuelle, le chrétien crée, entre lui et Jésus, une relation si étroite qu’il lui devient peu à peu semblable par l’esprit et caractère. » Ellen White, Jésus-Christ, pp. 233, 234.

Cette semaine, nous verrons comment Jésus a appelé ceux qui deviendraient ses disciples, et nous verrons aussi quelles leçons en tirer pour notre poursuite de l’œuvre qu’il a commencée sur terre.

Dimanche: Pécheurs d’hommes

Simon et André avaient travaillé dur toute la nuit. Pêcheurs expérimentés, ils connaissaient l’art de la pêche, et ils savaient aussi quand il était temps d’arrêter. Un travail de toute une nuit n’avait rien donné. Au milieu de leur déception, un ordre imprévu arriva : « Avancez en eau profonde et jetez vos filets pour pêcher. » (Lc 5.4). La réponse de Simon fut pleine de désespoir et d’angoisse : « Maitre, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre. Mais sur ta parole… » (v.5)

Qui est ce charpentier qui donne des conseils à un pêcheur sur la manière de pêcher ? Simon aurait pu s’éloigner, mais se pourrait-il que la prédication réconfortante et authentique de Jésus un peu plus tôt ait eu de l’effet ? D’où la réponse : « Mais sur ta parole… »

D’où la premier leçon sur le discipulat : l’obéissance à la parole du christ. André, Jean et Jacques ont également vite appris que cette longue nuit infructueuse avait laissé la place à une aurore lumineuse et formidable, avec une multitude de poissons attrapés. Immédiatement, pierre tomba à genoux et s’écria : « Seigneur, éloigne-toi de moi : Je suis un homme pêcheur » (v. 8). La reconnaissance de la sainteté de Dieu et de son propre état de péché est une autre étape essentielle dans la vocation de disciple. Comme Esaïe avant lui (Es 6.5), pierre avait fait ce pas.

Lisez Luc 3.1-11, Matthieu 4.18-22, et Marc 1.16-20.

Réfléchissez au miracle, à la stupéfaction des pêcheurs, à la confession de Pierre et à l’autorité de Jésus. Que dit chacun de ces récits sur le chemin à parcourir ?

« N’aie pas peur. Désormais, tu seras pêcheur d’hommes. » (Lc 5.10, Segond 21). La transition de pêcheurs à pêcheurs d’hommes est extraordinaire, et elle suppose plusieurs étapes : s’abandonner au Maitre, reconnaitre notre incapacité et notre état de péché, tendre la main vers Christ par la foi pour recevoir force de parcourir le chemin solitaire et inconnu du discipulat, et se reposer en permanence sur Christ et sur lui seul. La vie d’un pécheur est incertaine et dangereuse. Il faut se battre contre des vagues impitoyables, sans certitude d’un revenu stable. La vie d’un pêcheur d’homme n’en est pas moins difficile, mais le Seigneur a promis : « N’aie pas peur. » La vie du disciple n’est pas un chemin facile, elle a ses hauts et ses bas, ses joies et ses défis, mais un disciple ne marche pas seul. Celui qui a dit « N’aie pas peur » est aux cotés du disciple fidèle.

Relisez la confession de Pierre sur le fait qu’il soit un homme pécheur. Remarquez combien son état de péché l’a poussé à couloir se séparer de Jésus. Qu’y-a-t-il dans le pépé qui nous fait cela, qui nous repousse loin de Dieu.

Lundi: Sélection des Douze

Un disciple ne devient pas disciple de lui-même. C’est le résultat de la réponse que l’on donne à l’appel à Jésus. Luc mentionne que Jésus a déjà appelé Pierre, André, Jean et Jacques (Lc 5.11) et Matthieu Lévi, le collecteur d’impôts (v.27-32). A présent, l’auteur situe la sélection des Douze à une place stratégique dans son récit : immédiatement après la guérison un sabbat d’un homme à la main sèche (Lc 6.6-11), guérison qui a poussé les pharisiens à comploter le meurtre de Jésus. Le Seigneur savait que c’était le moment de consolider son œuvre et de préparer une équipe d’ouvriers qu’il pourrait former et préparer à la tâche qui les attendait après la Croix.

Lisez Luc 6.12-16, 9.1-6

Que nous disent ces versets sur l’appel des douze apôtres?

Parmi les foules qui le suivaient, il y a avait beaucoup de disciples, des gens qui le suivaient comme des étudiants suivraient leur maitre. Mais la tâche du Christ ne se limitait pas à l’enseignement. Il devait bâtir une communauté de rachetés, une Église qui amènerait son message de salut jusqu’aux extrémités de la terre. Dans ce but, il a besoin de davantage que de simples disciples. Il [en] choisit douze, a qui il donna aussi le nom d’apôtres (Lc 6.13). « Apôtre » signifie quelqu’un envoyé avec un message particulier dans un but particulier. Luc emploie le mot six fois dans l’Evangile et plus de 25 fois dans Actes (Matthieu et Marc ne l’utilisent qu’une seule fois chacun).

Les Douze ont été choisis non en fonction de leurs diplômes, de leur situation financière, de leur position sociale, de leur réputation morale, ou de quoi que ce soit d’autre qui les distinguait comme étant dignes d’être choisis. Des hommes ordinaires avec des situations ordinaires, voilà ce qu’ils étaient. Des pêcheurs, des collecteurs d’impôts, un zélote, un sceptique, et un qui s’est révélé être un traitre. Ils ont été appelés dans un seul et unique but: pour être des ambassadeurs du Roi et de son Royaume.

« Dieu prend les hommes tels qu’ils sont, avec tout ce qu’il y a d’humain dans leur caractère, et il les façonne pour son service, pourvu qu’ils se soumettent à sa discipline et soient dociles à ses enseignements. Ils sont choisis malgré leurs imperfections pour être transformés à son image en apprenant à connaitre la vérité et à la mettre en pratique. » Ellen White, Jésus-Christ, p. 282.

Ne nous voilons pas la face : nous ne sommes pas parfaits, et ceux qui viennent à l’église ne sont pas parfaits non plus. Nous sommes tous en croissance (même si les autres semblent grandir trop lentement à notre gout !). Comment, en attendant, apprendre à travailler avec les autres et à les accepter tels qu’ils sont?

Mardi: Mission des apôtres

Lisez Lc 9.1-6 et Matthieu 10.5-15. Quelles vérités spirituelles peut-on tirer de ces versets sur la manière dont Jésus a appelé ces hommes ?

Luc décrit le mandat des apôtres comme un processus en trois étapes.

D’abord, Jésus les a appelés ensemble (Lc 9.1). Le mot appel est aussi vital pour la mission chrétienne qu’il l’est pour le vocabulaire chrétien. Avant de devenir un mot théologique, il doit devenir une expérience personnelle. Les apôtres devaient et doivent écouter celui qui les appelle, venir à lui et être « ensemble ». Deux choses sont essentielles pour vivre l’unité qui est elle-même essentielle pour le succès de la mission : à la fois obéir à celui qui appelle, et tout lui abandonner.

Deuxièmement, Jésus leur donna puissance et autorité (Lc 9.1). Jésus n’a jamais envoyé ses émissaires les mains vides. Il ne s’attend pas non plus à ce que nous soyons ses représentants par nos propres forces. Notre éducation, notre culture, notre statut, notre richesse, ou notre intelligence sont impuissants à accomplir sa mission. C’est Christ qui habilite, qui équipe. Le terme grec traduit par puissance est dynamis, une source d’énergie, dont vient le mot « dynamo », une source d’énergie, et « dynamite » une source d’énergie qui peut faire exploser une montagne. La puissance et l’autorité que Jésus donne suffisent à écraser le diable et à faire échouer ses plans. Jésus est notre puissance. « La volonté humaine participe à la Toute-Puissance dans la mesure où elle coopère avec la volonté de Dieu. Tout ce qui se fait sur son ordre doit être accompli par sa force. Tout ce qu’il ordonne, il le donne. » Ellen White, Les paraboles de Jésus, p. 287,288.

Troisièmement, Jésus les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades (Lc 9.2). La prédication et la guérison vont de pair, et la mission des disciples est de prendre soin de toute la personne: corps, esprit et âme. Le péché et Satan se sont emparés de la personne dans son ensemble, et c’est la personne dans son ensemble qui doit être amenée sous la puissance sanctifiante de Jésus. La vie de disciple peut être maintenue uniquement quand la vie est abandonnée totalement au Christ, sans que rien ne s’interpose. Ni l’or ni l’argent, ni un père ou une mère, ni un conjoint ni un enfant, ni la vie ni la mort, ni les imprévus d’aujourd’hui ni les urgences de demain, ne doivent s’interposer entre le disciple et Christ. Christ, son royaume, et le témoignage envers un monde perdu, il n’y a que cela qui compte.

« Ne prenez rien pour la route. » (Lc 9.3). Quel est le principe exprimé ici ? Pourquoi est-il important que nous le comprenions afin de le vivre personnellement ?

Mercredi: Les soixante-dix

Que nous enseigne ce récit sur l’importance de gagner des âmes au sein de la réalité du grand conflit? Pendant le ministère de Jésus, il y avait bien plus de 12 disciples qui le suivaient. Quand Pierre s’est adressé aux croyants pour choisir celui qui devait remplacer Judas, le groupe était compose d’au moins 120 disciples (Ac 1.15). Paul nous dit que l’on comptait pas moins de 500 disciples à l’ascension de Jésus (1 Co 15.6). Ainsi, le mandat des 70 ne limite pas au nombre de disciples que Jésus avait, mais cela laisse seulement entendre qu’il a fait le choix d’un groupe particulier pour une mission limitée, qui consistait à le devancer dans les villes de Galilée et à préparer le terrain pour ses visites à venir.

Seul l’évangile de Luc rapporte le récit des 70, ce qui est typique chez Luc, qui est très orienté « mission ». Le chiffre 70 est symbolique dans la Bible, ainsi que dans l’histoire juive. Genèse 10 fait la liste des 70 nations du monde descendant de Noé, et Luc était un auteur avec une vision mondiale. Moïse a nommé 70 anciens pour l’aider dans son travail (Nb 11. I6-17, 24-25). Le sanhédrin comptait jusqu’à 70 membres. La signification éventuelle dans cette nomination des 70 n’est pas mentionnée dans la Bible, et ne doit pas nous amener à des spéculations sans fin. Ce qui compte, c’est que Jésus, en tant que formateur des chefs pour l’Eglise, a laissé une stratégie qui consiste à ne pas concentrer les pouvoirs et les responsabilités à un petit nombre, mais de l’élargir à l’éventail de disciples.

La joie marqua le retour des 70. Ils rapportèrent à Jésus : « Seigneur, même les démons nous sont soumis par ton nom. » (Lc 10.17). L’évangéliste qui parvient avec succès à gagner des âmes ne peut jamais s’en vanter. Il n’est qu’un intermédiaire. La réussite vient par ton nom. Le nom et la puissance de Jésus sont au cœur de toute mission évangélique réussie.

Mais remarquez trois réactions remarquables de Jésus face au succès de la mission des 70. D’abord, dans la réussite de l’évangélisation, Jésus voit une défaite de Satan (v. 18). Ensuite, plus l’on est engagé dans l’œuvre évangélique, plus grande est l’autorité promise (v. 19). Enfin, la joie de l’évangéliste ne doit pas se situer au niveau de ce qui a été accompli sur terre, mais du fait que son nom est écrit dans le ciel (v. 20). Le ciel se réjouit et prend note de chaque personne arrachée aux griffes de Satan. Toute âme gagnée au royaume est un coup porté aux manigances de Satan.

Relisez Luc 10.24.

Citez quelques-unes des choses que nous avons vues, et que les prophètes et les rois désiraient voir, mais qu’ils n’ont pas vues. Qu’est-ce que cela devrait signifier pour nous?

Jeudi: Le prix à payer pour être disciple

Socrate a eu Platon. Gamaliel a eu Saul. Les différents chefs des différentes religions ont leurs fidèles. La différence entre ces disciples et être disciple de Jésus, c’est que les premiers sont fondés sur le contenu de la philosophie humaine, tandis que pour Jésus, les racines se trouvent dans sa personne et ses réalisations. Le discipulat chrétien ne se fonde pas uniquement sur les enseignements de Jésus, mais également sur ce qu’il a accompli pour le salut humain. Ainsi, Jésus demande à tous ses disciples de s’identifier pleinement à lui, de prendre leur croix, et de suivre ses instructions. Sans des gens qui marchent dans les pas du Calvaire, il n’y a pas de disciple chrétien.

Lisez Lc 9.23-25, Matthieu 16.24-28, Marc 8.34-36.

Quel est le message crucial donné ici pour tout individu qui se dit chrétien?

Le discipulat chrétien est un lien opérationnel entre celui qui est sauvé et le Sauveur. En tant que sauvés, nous devons suivre le Sauveur. C’est ainsi que Paul a déclaré: « Je suis crucifié avec le Christ : ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2.20.)

Le prix à payer pour être disciple est défini dans Luc 9.23: « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. » Remarquez les verbes d’action : « renie, charge, suive. » Quelle meilleure définition du reniement que celui de Pierre? Pierre a dit : « je ne connais pas Jésus ». Alors quand l’appel à devenir disciple exige que je me renie, je dois être en mesure de dire que je ne me connais pas. Le Moi est mort. À sa place, le Christ doit vivre (Ga 2.20). Ensuite, se charger de sa croix quotidiennement/chaque jour est un appel à vivre l’auto crucifixion de manière constante. Enfin, suivre exige que notre point de mire et la direction de notre vie, ce soit le Christ et lui seul.

Jésus va plus loin encore dans le prix à payer pour être disciple, comme on le lit dans Lc 9.5-62: rien ne passe avant Jésus. Lui, et lui seul, a la priorité en matière d’amitié et de camaraderie, de travail et d’adoration. Pour le disciple chrétien, la mort à soi-même n’est pas une option. C’est une nécessité. « Quand le Christ appelle un homme, il lui demande de venir mourir. [...] C’est la même mort chaque fois : la mort en Jésus-Christ. La mort du vieil homme à son appel. [...] Seul l’homme qui est mort à lui-même peut suivre le Christ. » Dietrich Bonhoeffer, The Cost of discipleship (New York: The Macmillan Co., 1965), p. 99.

Que vous a couté le fait de suivre Jésus ? Pensées. Pensez sérieusement. A votre réponse et à ses implications.

Vendredi : Pour aller plus loin...

« Porter la croix sépare le Moi de l’âme, et place l’homme là où il peut apprendre comment il peut porter les fardeaux du Christ. Nous ne pouvons suivre le Christ sans porter son joug, sans porter la croix à sa suite. Si notre volonté n’est pas en accord avec les exigences divines, nous devons renier nos inclinations, abandonner nos précieux intérêts, et marcher dans les pas du Christ. » Ellen White, Sons and daughters of God, p. 69.

Discussion Questions:

  • Revenez à la question qui se trouve à la fin de la leçon de mercredi, concernant Luc 10.24. Nous qui vivons à cette époque présente, quelles sont les choses que nous avons vues, et que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir, mais qu’ils n’ont pas vues ? Par exemple, l’accomplissement des prophéties ? Pensez un instant comme une bonne partie des prophéties de Daniel 2, 7; et 8, étaient toujours à venir pour beaucoup de ces prophètes et de ces rois, mais qui sont pour nous à présent des faits historiques. À quels autres exemples pensez-vous?
  • Méditez sur les paroles de Jésus quand il parle de celui qui gagne le monde, mais qui perd son âme. Qu’entend-il par là? Er que dire de perdre son âme afin de la gagner ? Qu’est-ce que cela signifie ? C’est une chose pour un incroyant que de s’accrocher de manière égoïste aux choses de ce monde. Pourquoi pas, après tout, puisqu’il croit que c’est tout ce qu’il a. À quoi d’autre s’accrocherait-il ? Mais pourquoi, même nous qui croyons en Jésus, qui savons que ce monde aura une fin et qu’un Nouveau Monde commencera un jour, sommes-nous si prompts à vouloir profiter de ce monde au maximum ? Comment se prémunir de ce piège spirituel très dangereux?
  • Lisez Luc 10.17-20, On peut comprendre l’enthousiasme de ces gens quand ils ont vu que même les démons leur étaient soumis. Voyez la réaction de Jésus. Qu’a-t-il dit de si important pour tous ceux qui sont impliqués dans l’évangélisation aujourd’hui?
  • En dehors des personnages de la Bible, citez d’autres personnes dont le choix de suivre Christ leur a couté cher, peut-être davantage que pour la plupart d’entre nous. En classe, demandez-vous : qu’ont-ils perdu, que leur a couté le fait de suivre Christ, et suis-je disposé à faire de même?