Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 13

Les femmes et le vin

Étude de la semaine : Pr 31 ; Jb 29.15 ; Pr 8 ; 1 Co 1.21 ; Ap 14.13

Versets à mémoriser: " « Ne livre pas ta vigueur aux femmes, tes voies à celles qui perdent les rois. Ce n’est pas aux rois, Lemouel, ce n’est pas aux rois de boire du vin, ni aux princes de rechercher de l’alcool » (Proverbes 31.3, 4). "

Le livre des Proverbes a commencé par les enseignements d’un père (Pr 1.1,8 ; 4.1) et se termine par les enseignements d’une mère (Pr 31.1). Le nom Lemouel peut faire allusion à Salomon. Si c’est le cas, la mère de Lemouel est la mère de Salomon, et elle met en garde son fils contre les deux plus grandes menaces pour un roi : le vin et les femmes.

L’association du vin et des femmes ne doit rien au hasard. Pour régner efficacement, le roi doit veiller aux influences qu’il rencontre, et ces deux facteurs peuvent être très puissants. Bien qu’une femme convenable puisse être un bienfait, l’alcool, lui, n’apporte que des ennuis.

L’introduction du père se souciait du fait d’acquérir de la sagesse. À présent, la conclusion de la mère se soucie de la mise en application de la sagesse dans la vie réelle. Car les principes spirituels enseignés par le père ne signifieraient rien si les conseils pratiques offerts par la mère n’étaient pas suivis.

Dimanche: Je lève mon verre « à la vie » ?

Dans beaucoup de cultures, boire de l’alcool est associé à la vie. Les gens lèvent leur verre et se souhaitent longue vie. L’ironie de la chose, c’est que chaque verre contribue à anéantir la vie. Tout est fait pour conforter les buveurs dans leur idée que l’alcool est bon pour eux : de belles bouteilles, des chansons à boire drôles ou poétiques, des publicités astucieuses, et même des découvertes pseudoscientifiques. Proverbes nous a déjà mis en garde contre cette tromperie mortelle (Pr 23.30-35). Le thème réapparait, nous montrant davantage de dommages qui peuvent être causés par l’alcool.

Lisez Proverbes 31.4,5,8,9. Que disent tous ces versets, et en quoi leur message s’applique-t-il à tout disciple du Seigneur, et pas seulement au roi ?

Avec des termes similaires, Job se décrit comme des yeux pour l’aveugle et des jambes pour le boiteux (Jb 29.15). De la même manière, le roi ou ceux qui ont des moyens devraient aider les pauvres et les nécessiteux, ceux qui n’ont pas de « voix, » c’est-à-dire que personne n’écoute.

L’effet destructeur du vin se voit également dans cette facilité qu’il a de fausser le jugement. Tandis que l’alcool est mauvais pour le citoyen lambda, il peut créer des situations terribles pour un roi ou quelqu’un qui a du pouvoir. Un roi qui boit non seulement « oublie la loi » et ne sait pas ce qui est bien, mais il rend des jugements qui sont par conséquent faussés : les coupables sont déclarés innocents, et les innocents coupables.

Ce qui est en jeu ici, c’est la capacité à discerner le juste de l’injuste, le bien du mal. L’interdiction de la consommation de vin a un rapport avec la sagesse élémentaire, et, en tant que telle, elle devrait s’appliquer à tout être humain. Il faut remarquer que cette préoccupation constitue précisément la raison sous-entendue dans l’interdiction de boire pour le prêtre : afin que vous puissiez distinguer ce qui est saint de ce qui est profane (Lv 10.9,10, Colombe).

Nous avons tous vu les effets dévastateurs de l’alcool chez tant de personnes. Comment aider les autres, en particulier les jeunes, à s’abstenir de ce qui ne peut que leur faire du mal, à eux ainsi qu’aux autres ?

Lundi: Je lève mon verre « à la mort »

Lisez Proverbes 31.6,7. Comment devons-nous comprendre ces textes ?

Une lecture rapide de ces versets donne l’impression que la mère de Lemouel autorise la consommation de vin ou de tout autre alcool dans le cas où la personne est mourante (v. 6), ou qu’elle souffre de dépression (v. 7). Toutefois, cette interprétation contredirait non seulement le contexte immédiat (la mère de Lemouel vient de mettre en garde le roi contre la consommation de vin), mais aussi le contexte général du livre des Proverbes, qui interdit la consommation de vin de manière systématique et avec insistance.

De plus, cela n’a pas de sens d’offrir quelque chose à un mourant qui ne ferait qu’aggraver sa santé et son état. Quant à offrir de l’alcool à une personne dépressive, c’est comme donner du sel à quelqu’un de déshydraté. Si, comme nous le savons, Dieu s’intéresse à nos corps et à notre santé, cela n’a aucun sens de penser que ces textes, en particulier dans leur contexte, encouragent la consommation d’alcool.

Plus important encore, quand on analyse l’emploi de l’expression périt (ou « périra ») dans le livre des Proverbes, on s’aperçoit que ce verbe est toujours associé aux méchants (Pr 10.28 ; 11.7, 10 ; 19.9 ; 21.28 ; 28.28, Colombe). Avec cette expression qui périt, la mère de Lemouel désigne en fait, par association, les méchants. Quant à l’expression qui est amer, elle fait référence à la personne dépressive (Pr31.6), qui comme le méchant devient insensible et oublie sa pauvreté (Pr 31.7).

« Satan rassembla les anges déchus et tous ensemble, ils recherchèrent le moyen de faire le plus de mal possible à la famille humaine. Les suggestions se succédèrent ; finalement, Satan lui-même mit au point le plan suivant : il prendrait le fruit de la vigne, le blé et d’autres produits que Dieu avait donnés pour nourriture, puis il les changerait en poison qui détruirait les facultés physiques, morales et mentales de l’homme, et aurait un tel effet sur ses sens qu’il pourrait les contrôler à sa guise. Sous l’influence de l’alcool, les hommes seraient amenés à commettre des crimes de toutes sortes. Égaré par ses appétits pervertis, le monde serait entrainé dans la corruption. En poussant les hommes à la boisson, Satan les ferait tomber de plus en plus bas. » Ellen G. White, Tempérance, chap. 2, p. 10.

Mardi: Une femme de valeur

Lisez 1 Jean 2.15-17

Qui trouvera une femme de valeur ? Son prix dépasse de beaucoup celui des perles (Pr 31.10).

Qui est cette femme de valeur de Proverbes 31.10 ? Un certain nombre d’indications laissent entendre que l’auteur pensait à davantage qu’une simple femme pieuse ou à l’épouse idéale. Si l’on suit un grand nombre de passages du livre (Pr 1.20-33, 3.13-20, 4.5-9, Pr 8), nous avons de bonnes raisons de penser que la femme de valeur représente la sagesse. Cette personnification de la sagesse en tant que femme se justifie pour deux raisons : non seulement le terme en hébreu pour « sagesse, » chokmah, est un nom féminin, mais cela permet aussi à l’auteur hébreu de tirer toutes sortes de leçons concrètes pour notre vie quotidienne. La sagesse n’est pas décrite comme quelque idéal élevé et hors d’atteinte, mais comme une femme accessible à l’esprit pratique qui pourrait devenir notre compagne pour toute la vie.

Ce dernier enseignement sur la sagesse est donné par le moyen d’un magnifique acrostiche poétique : chaque verset commence par une lettre de l’alphabet hébreu, en suivant l’ordre alphabétique, comme dans le livre des Lamentations et dans beaucoup de psaumes.

Comparez le texte sur la sagesse dans Proverbes 8 avec notre texte sur la femme de valeur. Quelles caractéristiques de la femme de valeur nous rappelle la sagesse du livre des Proverbes ?

1. Elle est précieuse et vaut la peine d’être trouvée (Pr 31.10, 8.35).
2. Sa valeur dépasse celle des perles (Pr 31.1 ; 8.10,11,18,19). 3. Elle donne à manger (Pr 31.14, 8.19).
4. Elle est forte (Pr 31.17,25 ; 8.14).
5. Elle est sage (Pr 31.26, 8.1).
6. Elle est louée (Pr 31.28, 8.34).

Nous sommes censés vivre soi-disant à l’ère de l’information, et bien que nous ayons acquis tellement plus de connaissances que les générations précédentes, peu de choses indiquent que notre génération est plus sage que les précédentes. En effet, comme Martin Luther King l’a dit : « Nous avons des missiles guidés et des hommes désorientés. »

Lisez 1 Corinthiens 1.21. Que vous dit ce verset, et comment cette idée peut-elle vous aider à vivre par la foi ?

Mercredi: Elle travaille

La femme de valeur de Proverbes 31 n’est pas paresseuse. Elle travaille dur et elle est très active. Le poème insiste sur cette qualité (Pr 31.27), qui caractérise le sage contrairement à l’insensé (Pr 6.6 ; 24.33,34). Son champ d’activité est complet et concret. Être spirituel ne signifie pas que nous devrions être oisifs, sous le prétexte que nous sommes préoccupés par des questions religieuses de la plus haute importance, et que nous n’avons pas le temps de nous occuper de questions « futiles. » (Voir Lc 13.10). Il est intéressant de noter que cette personne très spirituelle n’est jamais décrite en train de prier ou de méditer. Elle est dépeinte comme une femme efficace et productive, un peu comme la Marthe des évangiles (Lc 10.38-40).

Lisez Proverbes 31.12,15,18. Pourquoi la femme travaille-t-elle toujours ?

La femme travaille tous les jours de sa vie (v. 12), même durant la nuit (v. 15,18). Sa présence active et attentive est efficace tout le temps. La raison de son attention constante c’est son sens du devoir.

Lisez Proverbes 31.20,25. Quelle est l’ampleur temporelle de ses projets ?

Ici, nous touchons à un point important qui concerne notre travail et nos efforts : ils seront mis à l’épreuve par le temps. Seul l’avenir témoignera de la qualité de nos actes. Travailler avec sagesse c’est travailler en gardant l’avenir en tête, et pas seulement la récompense immédiate.

Bien qu’il ne s’agisse pas tout à fait de la même chose, le principe du passage de l’Apocalypse est très important : Heureux les morts, ceux qui meurent dans le Seigneur, dès maintenant ! Oui, dit l’Esprit, qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs oeuvres les suivent (Ap 14.13) !

Si vous avez une femme dans votre vie (une femme, une mère, une autre membre de la famille, une enseignante, votre patron, ou une amie), que pouvez-vous faire pour lui montrer que vous l’appréciez ainsi que tout ce qu’elle fait ou a fait pour vous ?

Jeudi: Elle se soucie des autres

Lisez Proverbes 31.26-31. Quelles sont les autres caractéristiques importantes de cette femme ? Pourquoi sont-elles importantes pour nous tous, qui que nous soyons ?

Comme nous l’avons vu tout ce trimestre, Proverbes insiste sur les mots, sur ce que nous disons. La femme est connue pour sa sagesse et pour sa bienveillance. Ces qualités sont liées. Après tout, ne pourrait-on dire que la bienveillance est une autre forme de sagesse, en particulier lorsque nous comprenons que la sagesse n’est pas simplement quelque chose que nous connaissons, mais que nous disons et faisons ?

Remarquez également l’expression enseignement bienveillant (Colombe). La bienveillance n’est pas une qualité fugace qui s’échappe de sa bouche de temps en temps. Non, il s’agit d’une loi, d’un principe de son existence même. Quelle puissance cela serait si cet enseignement bienveillant guidait tout ce qui sort de nos bouches !

Lisez Proverbes 31.30. Quel point important est dévoilé ici, et que l’on oublie si souvent ?

Trop souvent, les femmes sont cotées selon leur apparence extérieure. C’est un repère tellement superficiel ! La Bible souligne combien ce genre d’attitude est « vaine, » vide, finalement. La véritable beauté de cette femme réside dans son caractère, et la manière dont il se manifeste dans sa vie et ses oeuvres. La beauté passe. Le caractère reste à jamais. « Un grand nom parmi les hommes est semblable à des lettres tracées dans le sable, mais un caractère sans tâche dure éternellement. » Ellen G. White, God’s amazing grace, p. 81.

Dans quels domaines de votre vie avez-vous besoin de voir votre caractère s’améliorer ? Prier pour cela, c’est bien, mais quelles démarches pouvez-vous faire afin de voir une croissance dans ces domaines ?

Vendredi : Pour aller plus loin...

« En laissant libre cours à leurs appétits pour le vin et sous l’influence de cette stimulation, leur raison fut obscurcie et ils ne purent faire la différence entre le sacré et le profane. Contrairement aux instructions claires de Dieu, Nadab et Abihou le déshonorèrent en offrant un feu ordinaire à la place du feu sacré. Le feu sortit de sa présence et les consuma. » Ellen G. White, Testimonies for the Church, vol. 3, p. 295.

« Que les enfants et les jeunes voient dans la Bible combien Dieu honore le travail manuel. [...] Qu’ils lisent l’histoire [...] de la femme sage des Proverbes : “Elle se procure de la laine et du lin et travaille d’une main joyeuse. Elle donne de la nourriture à sa maison et ses instructions à ses servantes. Elle plante une vigne. Elle affermit ses bras. Elle ouvre ses mains pour le malheureux, [.] elle tend la main au pauvre. [.] Elle surveille la marche de sa maison, elle ne mange pas le pain de paresse.” Proverbes 31.13,1517,20,27. » Ellen G. White, Éducation, p. 246.

Discussion Questions:

  • Pourquoi l’abstinence totale d’alcool est-elle la seule option valable ? Après tout, quel bien peut-il y avoir à consommer même un peu d’alcool ? D’un autre côté, pensez à tous les dégâts que cela cause souvent.
  • Réfléchissez davantage à l’idée que bien que nous ayons beaucoup plus de connaissances, nous n’avons pas nécessairement plus de sagesse. En quoi la connaissance sans sagesse peut-elle être encore plus dangereuse qu’un manque de connaissance sans sagesse ? Donnez des exemples récents de combien une connaissance sans sagesse peut faire des dégâts.
  • Passez en revue les caractéristiques de la femme de valeur. En quoi les principes sous-jacents dans cette situation particulière s’appliquent-ils à tous les croyants, quel que soit leur sexe, leur situation familiale, ou leur âge ?
  • Le livre des Proverbes abonde de sagesse pratique. Cela devrait nous rappeler que notre religion, même dans ses dimensions spirituelles et théologiques élevées, a aussi un côté très pratique. Comment nous assurer de ne pas négliger les aspects pratiques de la foi quand nous cherchons à accomplir ses dimensions théologiques et spirituelles ?