Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 5

Guerre visible et invisible

Étude de la semaine : Mt 11.11, 12; Ap 5.5; Mt 12.25-29; Es 27.1; Mt 11.1-12; He 2.14

Versets à mémoriser: " Depuis les jours de Jean-Baptiste, le royaume des cieux est soumis à la violence, et ce sont les violents qui s'en emparent. " (Matthieu 11.12.)



Chaque jour, nous prenons d'importantes décisions concernant notre mode vie, nos relations, notre carrière, nos priorités, nos loisirs, et nos amis. Pour comprendre vraiment le sens de ces décisions, nous devons nous assurer que nous comprenons de quoi il s'agit vraiment. Nous devons lever le rideau sur l'invisible car la Bible enseigne qu'il existe une réalité invisible qui a une grande influence sur ce que nous voyons.

Puisque nous vivons à l'ère de la science, nous ne devrions avoir aucune difficulté à croire aux réalités invisibles. Nous qui connaissons l'existence des rayons X, des ondes radio, et du Wifi, nous devrions sans mal croire en ce que nous ne voyons pas. Pour chaque appel téléphonique passé sur notre portable, pour chaque émission par satellite regardée, nous comptons sur des réalités invisibles qui rendent ces expériences visibles (et audibles) réelles.

Et en effet, le grand conflit entre Christ et Satan forme l'arrière-plan invisible du monde visible que nous connaissons au quotidien.

Cette semaine, nous examinerons des textes tirés de Matthieu (et d'ailleurs) qui dévoilent ces forces invisibles ainsi que l'impact qu'elles ont sur nos vies, et sur nos choix ici-bas.

Dimanche: Matthieu 11.11, 12

La Bible est la Parole de Dieu, et le plan du salut y est clairement révélé. Cependant, certains de ses textes peuvent être difficiles à comprendre. Cela ne devrait pas nous surprendre. Après tout, dans tous les domaines du monde matériel, il y a bien des choses difficiles à comprendre. Cela ne devrait-il pas être également le cas pour certains passages de la Parole de Dieu, qui nous révèle des vérités et des réalités spirituelles et surnaturelles ?

Ellen G. White a exprimé cette idée très clairement : " Mais Dieu nous a donné dans les Ecritures des preuves suffisantes de leur divinité, et nous n'avons nullement lieu de douter de celles-ci parce que nous ne pouvons pas comprendre les mystères de sa providence. Les plus humbles manifestations de la vie sont un problème que les plus sages philosophes sont incapables d'expliquer. De tous côtés se présentent des merveilles qui surpassent notre intelligence. Faut-il donc être surpris s'il se trouve dans le monde spirituel des mystères insondables ? Toute la difficulté se trouve dans la faiblesse et l'étroitesse de l'esprit humain. " 15

Par exemple, l'un des textes les plus difficiles de toute la Bible se trouve dans Matthieu 11.11, 12 : " Amen, je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il ne s'en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiseur. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Depuis les jours de Jean le Baptiseur jusqu'à présent, le royaume des cieux est soumis à la violence, et ce sont les violents qui s'en emparent. "

Lisez ces versets.
Qu'est-ce que vous comprenez ? Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?

Certaines traductions du verset 12 disent : " Depuis le temps où Jean baptisait jusqu'à maintenant, on attaque le Royaume des cieux avec violence, et les gens violents cherchent à le prendre ".

Que nous dit Jésus ici ?

Qu'est ce qui, même dans la vie de tous les jours, demeure un mystère pour nous ? Cessons-nous par exemple de croire à l'existence du soleil simplement à cause de nombreux mystères que nous ne comprenons pas à son sujet ? Et dans ce cas, qu'en est-il des questions de foi et de la parole de Dieu ?

Lundi: Les frontières des ténèbres

Ceux qui ont étudié la Bible à travers les siècles ont tous eu des difficultés avec Matthieu 11.12 en raison des mots qui décrivent le royaume et les gens, et qui peuvent être utilisés soit positivement, soit négativement. Le verbe en grec basmati peut signifier soit " avancer avec force " soit " subir la violence. " Et le mot en grec biastes signifie soit " hommes vigoureux, avides " ou bien " hommes violents ".

Ce verset signifie-t-il donc que l'humble et doux royaume des cieux subit la violence, que des gens violents l'attaquent ? Ou bien est-ce que le royaume des cieux avance énergiquement dans un sens positif, les hommes énergiques qui s'en emparent étant en fait les disciples de Christ ?

Est-il possible pour des disciples de Christ d'être aussi accrocheurs, voire énergiques, dans leur poursuite du royaume ?

Lisez les textes suivants. Que disent-ils qui pourrait nous éclairer pour la dernière question ci-dessus ? Mt 10.4 ;Ap 5.5 ;Mi 2.13.

Certains affirment que l'interprétation la plus vraisemblable de Matthieu 11.12 est d'appliquer l'emploi le plus usuel de biazomai (qui est typiquement positif) et de biastes (qui est typiquement négatif), ce qui nous donne l'interprétation suivante : le royaume des cieux avance vigoureusement avec "une puissance sacrée et une énergie magnifique qui repousse les frontières des ténèbres ". Et pendant ce temps, " des hommes violents et avides essaient de le piller " 16

Cette interprétation semble s'accorder avec l'Evangile de Matthieu dans son ensemble. En fait, cette interprétation capture également le tableau d'ensemble, celui du conflit entre la lumière et les ténèbres, entre Christ et Satan, thème qui imprègne toute la Bible, mais qui est plus explicite dans le Nouveau Testament. Il y a bien une guerre, visible et invisible, qui nous concerne tous. Nous devons tous choisir notre camp, et nous vivons tous dans cette guerre chaque jour, que nous la comprenions ou pas. Voilà ce que c'est, vivre au sein du grand conflit.

16 D. A. Carson, The Expositor's Bible Commentary with the New International Version Matthew, Grand Rapids: Zondervan, 1995, p. 266 267.

Mardi: La " vision guerrière du monde "

Quel que soit le véritable sens de Matthieu 11.12, comme nous l'avons vu hier, le verset contribue en tout cas à révéler la réalité du grand conflit. Il nous décrit une lutte, un combat, et, comme on le voit dans d'autres textes bibliques, ce combat est, par essence, celui qui fait rage entre Christ et Satan.

Que nous disent les textes suivants sur la réalité du grand conflit ?
- Mt 12.25-29; - Es 27.1; - 1 Jn 5.19; - Rm 16.20; - Gn3.14-19; - Ep 2.2; 6.10-13.

Ce ne sont que quelques textes parmi tant d'autres, que ce soit dans l'Ancien ou le Nouveau Testament, et qui font référence à ce qu'un théologien contemporain (non adventiste) a appelé la " vision guerrière du monde ", l'idée selon laquelle une bataille fait rage entre les puissances surnaturelles du cosmos, une guerre dans laquelle nous sommes tous impliqués d'une manière ou d'une autre.

Cette notion n'est bien évidemment pas nouvelle pour les adventistes du Septième jour. Elle fait partie de notre théologie depuis les premiers jours de note Eglise. En effet, nos pionniers la défendaient avant même que notre Eglise elle-même ne soit officiellement constituée.

Où voyez-vous la réalité de cette lutte s'exprimer dans votre propre vie ?

Comment se manifeste-t-elle dans le choix que vous devez faire et dans les tentations auxquelles vous faites face ?

De quelle manière votre compréhension de la réalité de ce conflit vous aide-t-elle à faire les bons choix et à résister à la tentation ?

Mercredi: Lève-toi et marche !

Comme nous l’avons déjà vu, les paroles de Jésus dans Matthieu 11.12, bien que profondes, révèlent que le royaume de Dieu ne va pas s’établir sans luttes, ou sans combat. Ce combat, selon notre compréhension, est le grand conflit, qui continue de faire rage et qui continuera jusqu’à la destruction finale du péché, de Satan, et des perdus. Et parfois, ce conflit devient dangereux.

C’est dans les paroles que Jésus lui-même prononce dans Matthieu 11.12 que l’on voit combien le grand conflit est réel, et combien il peut devenir féroce.

Lisez Matthieu 11.12. En quoi le grand conflit se manifeste-t-il ici à un certain nombre de niveaux ? Autrement dit, comment le grand conflit donne-t-il du sens à ce verset ?

Tout d’abord, qui, d’après nous, a poussé les chefs à mettre Jean en prison ? On voit ici la tentative de Satan non seulement d’arrêter Jean, mais de décourager la foi en Jésus. Après tout, si Jean, précurseur de Jésus, a eu un tel destin, que pouvait-on espérer pour Jésus lui-même ?

Ensuite, il ne fait aucun doute que Satan aurait pu pousser les disciples de Jésus et de Jean à se poser la question suivante : si ce Jésus de Nazareth peut faire tant de choses merveilleuses, et qu’il a tant de pouvoir, alors pourquoi est-ce qu’il laisse un homme aussi fidèle et bon que Jean, son propre cousin, moisir en prison ?

De même, qui, d’après nous, insinuait des doutes dans la tête de Jean ? « Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi est-ce qu’il ne me libère pas ? ». Pas étonnant qu’il ait demandé : « Est-ce toi, celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11.3). Souvenez-vous, c’est ce même Jean qui a baptisé Jésus, qui a vu « l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Mt 3.16) et qui a entendu la voix du ciel déclarer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir » (Mt 3.17). Alors, avec tout ce qui s’est passé, comment se fait-il qu’il ait des doutes ? Bien sûr, aussi terrible qu’était la situation de Jean, elle allait (en tout cas à court terme) empirer, ce qui n’allait faire qu’accentuer les doutes (Mc 6.25-28).

Si quelque chose vous fait douter aujourd’hui, sur quoi pouvez-vous vous concentrer, méditer et prier pour repousser ces doutes et vous aider à prendre conscience de toutes les merveilleuses raisons que vous avez de faire confiance à la bonté de Dieu ?

Jeudi: Une cause perdue

Tout au long de l’histoire, les humains ont fait la guerre. Il y a quelque chose dans la nature humaine qui pousse des groupes de gens à vouloir piller et massacrer d’autres groupes. Dans un livre consacré à son père, le philosophe britannique Bertrand Russell, Katherine Tait a évoqué la préoccupation de son père au moment de la Première Guerre mondiale : la perspective de faire la guerre à l’Allemagne avait poussé des foules en liesse dans les rues d’Angleterre. « Il avait grandi dans cette croyance victorienne optimiste dans le progrès automatique, avec la confiance que le monde entier suivrait, en son temps, la voie sage des Anglais, et abandonnerait la brutalité pour un gouvernement autonome éclairé. Et voilà que tout à coup, il voyait ses propres compatriotes bien-aimés danser dans les rues devant la perspective de massacrer un grand nombre d’êtres humains qui avaient le malheur de parler allemand. »

Multipliez cette même idée tout au long de l’histoire parmi quasiment tous les peuples, et la réalité de la nature humaine déchue nous apparaît sous l’une de ses formes les plus tragiques et les plus conséquentes.

Cependant, dans la majorité de ces guerres humaines, personne ne connaissait l’issue à l’avance. Les gens allaient se battre sans savoir s’ils seraient dans le camp des vainqueurs ou des vaincus.

Dans la « vision guerrière » de notre cosmos, nous avons un grand avantage : nous savons quel camp a déjà gagné. Christ a remporté la victoire décisive pour nous. Après la Croix, il n’y avait plus aucun doute quant à l’identité du vainqueur, ni celle des personnes qui pouvaient prendre part aux fruits de cette victoire. La cause de Satan est bien une cause perdue.

LQue nous indiquent les textes suivants sur l’issue du grand conflit ? He 2.14 ; 1 Co 15.20-27, ; Ap 12.12 ; 20.10.- Mt 10.4 ;

De la même manière que Satan a perdu la guerre au ciel, il a également perdu la guerre sur terre. Mais avec haine et vengeance, il traque encore ceux qu’il peut dévorer (voir 1 P 5.8). Même si la victoire de Christ est complète, la bataille fait encore rage, et notre seule protection est de nous placer, corps et âme, du côté des vainqueurs. Et c’est par nos choix de tous les jours que nous pouvons faire cela. Faisons-nous des choix qui nous placent du côté des vainqueurs, dont la victoire est assurée pour nous, ou du côté des vaincus, dont la défaite est certaine ? De cette réponse dépend notre destinée éternelle.

Vendredi : Pour aller plus loin...

Qui parmi nous ne connaît pas la réalité du grand conflit ? Nous connaissons cette guerre car nous la sentons en nous chaque jour. Nous vivons dans un monde détraqué, un monde maudit, marqué par l’angoisse et la souffrance. Un monde où un serpent n’est pas cantonné à un seul arbre au milieu d’un jardin, mais où le jardin tout entier a été infesté par les serpents. Un monde plein des murmures de la tentation qui survient sous de nombreuses formes et qui piègent si facilement ceux qui ne sont pas fervents en foi et en prière. Pas étonnant que Jésus ait déclaré : « Veillez et priez », de peur que nous ne tombions dans les nombreux pièges qui nous attendent. Et de tous les pièges, le plus dangereux pour le chrétien est peut-être de croire le mensonge qui dit : « Quand tu succombes à la tentation, tu es allé trop loin. Il n’y a pas de Dieu de grâce qui t’accueillera de nouveau dans ses bras ». Qui n’a jamais entendu un jour cette petite voix chuchoter cela à son oreille ? En un sens, ce sentiment est exact : quand vous tombez dans la tentation, même une fois, vous êtes allé trop loin pour revenir. C’est exactement la raison pour laquelle Jésus est venu, qu’il a remporté la victoire pour nous là où nous avons échoué, puis qu’il nous offre son triomphe. C’est exactement cela, l’Évangile : Jésus qui fait pour nous ce que nous n’aurions jamais pu faire pour nous-mêmes. Toutefois, nous devons quand même choisir, chaque jour, chaque heure, chaque instant, de nous placer de son côté. Comment ? En obéissant à sa Parole et en nous réclamant de ses promesses de victoire, tout en nous appuyant uniquement sur ses mérites en notre faveur, seule sécurité de notre salut.

Discussion Questions:

  • Citez d’autres réalités matérielles qui existent tout autour de nous et qui sont cependant totalement inaccessibles à nos sens. De nouveau, en quoi cette réalité doit-elle nous faire accepter qu’il existe d’autres forces et d’autres puissances que nous ne pouvons tout simplement pas voir ? En quoi cette prise de conscience peut-elle nous aider à comprendre la réalité du grand conflit ?
  • De nombreux chrétiens ne croient pas au grand conflit, ou bien n’ont toutsimplement pas cette vision du monde. Quelles raisons ont-ils de ne pas la voir ? Quels arguments pourraient-ils vous opposer, et comment pourriez-vous répondre ? Si vous deviez présenter une étude sur le grand conflit, quels textes choisiriez-vous ?
  • Comment gérez-vous la question du pourquoi nous sommes encore ici, si longtemps après la victoire de Jésus à la croix ? Après sa mort, sa résurrection et son ascension, pourquoi Jésus n’est-il pas revenu pour détruire le mal une bonne fois pour toutes ?