Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 9

Jésus, le Maitre

Étude de la semaine : Lc 8.22-25, 4.31-37, 6.20-49, 8.19-21, 10.25-37, Dt 6.5

Versets à mémoriser: "« Ils étaient ébahis de son enseignement car sa parole avait de l’autorité » (Lc 4.32) "

« Quand le Christ vint sur la terre, il semble que l’humanité était près de toucher le fond de sa déchéance. Les bases de la société étaient minées ; la vie n’était plus que mensonge et artifice. [...] Écœurés des fables et des mensonges, désireux d’étourdir leur pensée, les hommes se laissaient aller à l’incrédulité et au matérialisme. Ecartant l’éternité de leurs préoccupations, ils vivaient pour l’instant présent.

En cessant d’honorer Dieu, ils cessèrent d’estimer l’homme. La vérité, le sens de l’honneur, l’honnêteté, la confiance, la miséricorde quittaient la terre. L’avidité cruelle, l’ambition dévorante engendrèrent une méfiance universelle. Les notions de devoir, de secours à apporter aux faibles, de dignité et de droits humains furent rejetées, comme des rêves ou des mensonges. Les gens du petit peuple étaient considérés comme des bêtes de somme, des instruments, des marchepieds pour l’ambition. On recherchait la richesse, le pouvoir, la facilité, la mollesse, qui semblaient être les biens les plus précieux. Un état de dégénérescence physique, d’hébétude intellectuelle, de mort spirituelle caractérisait cette époque. » Ellen White, Education, p. 85.

Avec cet arrière-plan, nous pourrons mieux comprendre pourquoi Jésus a enseigné ce qu’il a enseigné

Dimanche: La connaissance de la vérité

En tant que médecin et savant, Luc connaissait le rôle de l’autorité. Il connaissait l’autorité de l’éducation grecque. Il connaissait l’autorité de la loi romaine pour les questions civiles et gouvernementales. Il fut le compagnon de voyage de Paul, et en cela, il connaissait l’autorité ecclésiastique que l’apôtre conférait aux églises qu’il fondait. Ainsi, Luc comprenait que l’autorité est au cœur de la position d’une personne, du rôle d’une institution, du fonctionnement d’un état, et de la relation entre un maitre et son ou ses disciples. S’étant frotté à toutes sortes d’autorités à tous les niveaux du pouvoir, Luc montre à ses lecteurs qu’il y a quelque chose d’inégale chez Jésus et son autorité. Né dans une maison de charpentier, vivant pendant 30 ans dans la petite ville galiléenne de Nazareth, connu pour rien de bien grand en matière de standards humains, Jésus, par son enseignement et son ministère, s’est mesuré à tout le monde : des dirigeants romains, des intellectuels, des rabbins, des gens ordinaires, des puissances séculaires et religieuses. Ses concitoyens lui rendaient témoignage, étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche (Lc 4.22). Un jour, il a apporté l’espérance à une veuve à Naïn en ressuscitant son fils mort (Lc 7.11-17). Toute la ville fut saisie de crainte et s’exclama: "Dieu a visité son peuple" (v. 16, Colombe). L’autorité de Jésus sur la vie et la mort a enflammé non seulement Naïn, mais la Judée tout entière (v. 16,17).

Lisez Luc 8.22-25, 4.3 1-37, 5.24-26, 7.49, 12.8.

Que révèlent ces textes sur le type d’autorité qu’exerçait Jésus?

Luc a pris le temps de noter, non seulement pour son ami Théophile, mais aussi pour les générations à venir, que Jésus, par son ministère, avait établi le caractère unique de son autorité. En tant que Dieu incarné, Il avait bien de l’autorité comme nul autre n’en eut jamais.

Beaucoup de gens font des choses au nom de Dieu, ce qui, bien entendu, pourrait donner à leurs actes beaucoup d’autorité. Comment s’assurer que lorsque nous disons : « C’est Dieu qui m’a poussé à le faire », il l’a vraiment fait? Partagez vos réponses en classe sabbat prochain.

Lundi: La plus grande prédication de Christ

Le sermon sur la montagne (Mt 5-7) est souvent salué dans la littérature comme « l’essence du christianisme. » Luc nous en donne des extraits dans Luc 6.20-49 et ailleurs. Du fait que Luc situe le sermon immédiatement après le choix « officiel des disciples » (Lc 6.13), on peut le considérer comme une expression des responsabilités des Douze.

Tel qu’il est présenté dans Luc 6.20-49, le sermon commence par quatre bénédictions et quatre malheurs, et il expose les grandes lignes d’autres caractéristiques de la vie chrétienne.

Etudiez les sections suivantes dans Luc 6.20-49 et posez-vous la question: votre vie est-elle proche ou éloignée des principes qui y sont exprimés

1. Le bonheur chrétien (Lc 6.20-22). En quoi la pauvreté, la faim, les larmes et le fait d’être détesté peuvent-ils amener le bonheur ?

2. La raison de se réjouir pour le chrétien au sein du rejet (Lc 6.22,23).

3. Malheurs contre lesquels se garder (Lc 6.24-26). Relisez chacun des quatre malheurs. Pourquoi un chrétien doit-il s’en garder?

4. L’impératif chrétien (Lc 6.27-31). Aucun ordre de Jésus n’est plus débattu et considéré comme le plus difficile à garder que la règle d’or de l’amour. L’éthique chrétienne est fondamentalement positive et non négative. Il ne s’agit pas de ne pas faire, mais de faire. Au lieu de dire: « ne déteste pas » ton ennemi, elle insiste : « Aime ton ennemi ». Au lieu de la loi de réciprocité (« œil pour œil »), la règle d’or exige l’éthique de la bonté pure (présente-lui aussi l’autre joue). Le Mahatma Gandhi a fait de la règle d’or toute une philosophique politique en résistant au mal par le bien, et il a finalement utilisé ce principe pour gagner l’indépendance de l’Inde face au colonialisme britannique. De la même manière, Martin Luther King s’est servi de l’éthique de la règle d’or pour briser le fléau de la ségrégation aux Etats-Unis. Là où règne l’amour, la bénédiction règne aussi.

5. La vie chrétienne (Lc 6.37-42). Remarquez combien Christ insiste sur le pardon, sur la libéralité, sur le fait de mener une vie exemplaire, et sur la tolérance.

6. Porter des fruits (Lc 6.43-45).

7. Le bâtisseur chrétien (Lc 6.48, 49).

Mardi: Une nouvelle famille

Les grands maitres qui ont précédé et succédé à Jésus ont enseigné l’unité et l’amour, mais il s’agit en général d’amour au sein des paramètres d’un seul groupe : une famille définie par l’exclusivité de caste, de couleur de peau, de langue, de tribu, ou de religion. Jésus, lui, a renversé les barrières qui divisent les humains et il a conçu une nouvelle famille, une famille qui ne fait pas de distinction, qui ne tient pas compte de ce qui habituellement divise les personnes. Sous la bannière de l’amour agape, c’est-à-dire immérité, non exclusif, universel, et sacrificiel, Christ a créé une nouvelle famille. Cette famille reflète l’idée originelle, universelle et idéale inscrite dans la Création de la Genèse, et qui atteste que tous les êtres humains sont créés à l’image de Dieu (Gn 1.26-27), et, par conséquent, sont égaux devant lui.

Lisez Luc 8.19-21. Sans minimiser en aucune manière les liens et les obligations qui existent entre les parents et les enfants, ou les frères et les sœurs au sein d’une même famille, Jésus voyait au-delà de la chair et du sang et plaçait ces deux familles sur l’autel de Dieu comme des membres de toute famille dans les cieux et sur la terre (Ep 3.15). La famille des disciples chrétiens ne doit pas être moins proche ni avoir des liens moins incontournables que des familles ordinaires. Pour Jésus, le véritable test de la « famille », ce n’est pas le lien du sang, mais c’est lorsque l’on fait la volonté de Dieu.

Qu’enseignent les textes suivants sur les murailles que le Christ a abattues, murailles de distinctions qui divisent si souvent les humains (et souvent avec de mauvais résultats)?

Luc 5.27-32; Luc 7.1-10; Luc 14.15-24; Luc 17.11-19

La mission et le ministère de Jésus, son cœur enclin au pardon, et sa grâce immense, n’excluaient personne, mais incluaient tous ceux qui voulaient bien accepter son appel. Son amour éternel le mettait en contact avec toutes les classes de la société.

La mission et le ministère de Jésus, son cœur enclin au pardon, et sa grâce immense, n’excluaient personne, mais incluaient tous ceux qui voulaient bien accepter son appel. Son amour éternel le mettait en contact avec toutes les classes de la société.

Comment en tant qu’église, peut-on suivre davantage ce principe crucial ? Donnez des exemples précis.

Mercredi: Définition de l’amour, la parabole du bon Samaritain 1re partie

Des quatre évangiles, seul Luc rapporte les paraboles du fils prodigue et du bon Samaritain (Lc 10.25-37). La première illustre la dimension verticale de l’amour, l’extraordinaire amour du Père envers les pécheurs. La deuxième nous montre la dimension horizontale, le genre d’amour qui devrait caractériser la vie humaine, celui qui refuse toute barrière entre les humains et qui vit au cœur de la définition du « prochain » que Jésus a donnée : que tous les êtres humains sont des enfants de Dieu et méritent d’être aimés et traités avec équité.

Lisez Luc 10.25-8 et réfléchissez aux deux questions centrales qui y sont soulevées.

En quoi chaque question est-elle liée aux principales préoccupations de la foi et de la vie chrétiennes? br/>
1. Maitre, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? (v. 25). Remarquez que le spécialiste de la loi cherchait un moyen d’hériter de la vie éternelle. Être sauvé du péché et entrer dans le royaume de Dieu est bel et bien la plus noble des aspirations que l’on peut avoir, mais le spécialiste de la loi, comme tant d’autres, avait grandi avec cette fausse idée que la vie éternelle est quelque chose que l’on a des chances de gagner par ses bonnes œuvres. De toute évidence, il ignorait que "le salaire du péché, c’est la mort, mais le don de la grâce, le don de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur" (Rm 6.23). br/>
2. Qu’est-il écrit dans la Loi? Comment lis-tu? (v. 26). Au temps de Jésus, c’était la coutume des Juifs importants, comme ce spécialiste de la loi, de porter un phylactère sur le poignet. Il s’agissait d’un petit sac en cuir dans lequel étaient écrits quelques extraits remarquables de la Torah, y compris celui qui ait répondre à la question de Jésus. Jésus oriente le spécialiste vers ce qui était écrit dans Deutéronome (Dt 6.5) et Lévitique (Lv 19.18): exactement ce qu’il pouvait porter dans son phylactère. Il avait sur son poignet, mais non dans son cœur, la réponse à cette question. Jésus a orienté le spécialiste vers une grande vérité : pour avoir la vie éternelle, il ne s’agit pas d’obéir à des règles, mais d’aimer Dieu de manière absolue et sans réserve, ainsi que toute sa création, son « prochain » pour être plus précis. Pourtant, soit par ignorance, soit par arrogance, le spécialiste poursuit le dialogue avec une autre demande: « Et qui est mon prochain? »

Quels indices extérieurs révèlent que vous avez été véritablement sauvé par grâce ? Qu’y a-t-il de particulier dans votre vie qui montre que vous êtes justifies par la foi ?

Jeudi: Définition de l’amour, la parabole du bon Samaritain 2e partie

Mais lui voulut se justifier et dit à Jésus : « Et qui est mon prochain? (Lc 10.29.)

En tant que spécialiste de la loi, cet homme connaissait certainement la réponse à cette question. Lévitique 19.18, qui donne le deuxième grand commandement, définit le « prochain » comme un « compatriote. » Ainsi, au lieu de donner une réponse immédiate à la question de l’homme ou d’entrer dans un débat théologique avec lui et ceux qui observaient la scène, Jésus fait prendre de la hauteur à ce spécialiste et à ses auditeurs.

Lisez Luc 10.30-37.

Quels sont les points clés de cette histoire et que révèlent-ils sur la manière dont nous devons traiter les autres?

Remarquez que Jésus a parlé d’un homme (v. 30) tombé aux mains des bandits. Pourquoi Jésus n’identifie-t-il pas l’origine ni le statut de cet homme? Vu l’objectif de l’histoire, en quoi était-ce important ?

Le prêtre et le Lévite voient l’homme blessé, mais passent sans s’arrêter. Quelles que soient leurs raisons de ne pas aider, pour nous les questions sont: quelle est la véritable religion, et comment doit-elle s’exprimer ? Dt 10. 12,13; Mi 6.8; Jc 1.27.

La haine et l’animosité marquaient les relations entre Juifs et Samaritains, et au temps de Jésus, l’inimitié entre les deux peuples n’avait fait qu’empirer (Lc 9.51-54, Jn 4.9). Ainsi, en faisant du Samaritain le « héros » de l’histoire, Jésus provoque une réflexion chez les Juifs, de manière plus nette que s’il n’avait pas été Samaritain.

Jésus décrit le ministère du Samaritain avec force détails : il a pitié, il va vers l’homme, il bande ses plaies, il verse de l’huile et du vin, ii le transporte jusqu’à une auberge, il paie d’avance son séjour, et il promet de payer le reste quand il reviendra. Tous ces éléments du ministère du Samaritain définissent ce qu’est le véritable amour: il est illimité. Le fait, également, qu’il ait fait tout cela à un homme qui était peut-être un Juif révèle que le véritable amour ne connait pas de frontière.

Le prêtre et le Lévite se sont demandés : « Que va-t-il m’arriver si je m’arrête pour aider cet homme ? » Le Samaritain s’est demande : « Que va-t-il arriver à cet homme si je ne lui viens pas en aide? » Quelle est la différence entre les deux ?

Vendredi : Pour aller plus loin...

« Par sa vie et ses enseignements, le Christ a donné un exemple parfait du ministère désintéressé qui a sa source en Dieu. Dieu ne vit pas pour lui-même. En créant le monde, en soutenant toutes choses, il exerce un ministère constant en faveur de ses créatures. “Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.” Dieu a mis devant son Fils cet idéal du service. Jésus a été placé à la tête de l’humanité pour être son modèle et lui apprendre ce que c’est que de servir. Sa vie entière fut gouvernée par la loi du service. Il fut au service de tout le monde. C’est ainsi qu’il mit en pratique la loi de Dieu et montra, par son exemple, comment nous devons lui obéir. » Ellen White, Jésus-Christ, p. 652.

La parabole du bon Samaritain n’est pas « un tableau imaginaire ; le fait s’était réellement passé. Le prêtre et le Lévite, qui avaient passé outre, se trouvaient parmi les auditeurs du Christ. » Ellen White, Jésus-Christ 496.

Discussion Questions:

  • Examinez la question importante posée à la fin de l’étude de dimanche. Nous avons tous entendu des gens dire qu’ils avaient fait certaines choses parce que Dieu le leur avait demandé ? De quelles manières Dieu nous parle-t-il ? En même temps, quels dangers y a-t-il à invoquer l’autorité de Dieu pour justifier nos actes ?
  • Revenons aux « quatre malheurs » de Luc 6.24-26. Comment comprendre ce que Jésus est en train de dire? Contre quoi nous met-il en garde pour cette vie présente?
  • Pensez à toute cette question de l’autorité. Qu’est-ce que l’autorité ? Quels sont les différents types d’autorité ? Quels types d’autorité prennent le dessus sur les autres ? Comment se comporter face aux différents types d’autorité dans notre vie ? Que se passe-t-il quand les autorités au-dessus de nous sont incompatibles?