Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 11

"Du millieu de la tempête"

Étude de la semaine : Job 38-39 ; Jn 1 29 ; Mt 16.13 ; 1 Co 1.18-27 ; Job 40.1-4; 42.1-6 ; Lc 5.1-8

Versets à mémoriser: "Où étais-tu quand je fondais la terre? Dis-le, si tu es intelligent. " (Job 38.4.)

Quelles que soient leurs différences, les personnages du livre de Job avaient une chose en commun : chacun avait beaucoup à dire sur Dieu, ou du moins sur sa compréhension de Dieu. Et comme nous l'avons vu, on peut être d'accord avec une grande partie de ce qu'ils ont dit. Après tout, qui dirait le contraire de ceci : " Mais interroge les bêtes je te prie : elles te l'enseigneront, demande aux oiseaux du ciel, ils te le diront; parle à la terre, elle te l'enseignera; et les poissons de la mer te le raconteront. Qui ne sait, parmi eux tous, que c'est la main du Seigneur qui a fait tout cela? Il tient dans sa main la vie de tout être, le souffle de toute chair d'hommes " (Job 12.7-10) ? Ou qui dirait le contraire de ceci : " Dieu fausserait-il le droit ? Le Puissant fausserait-il la justice? " (Job 8.3)?

Il était question de la souffrance de Job, mais toute la conversation tourne autour de Dieu. À l'exception des deux premiers chapîtres, pourtant, le Seigneur demeure caché, dans l'ombre, à mesure que le livre se poursuit.

Tout cela, cependant, était sur le point de changer. Dieu lui-même, le sujet de tant de débats dans le livre de Job, prend à present la parole en son propre nom.

Dimanche: Du milieu de la tempête

Lisez Job 38.1. Quelle est la différence par rapport à tous les autres dialogues?

De manière soudaine et inattendue, le Seigneur apparaît à présent dans le livre de Job, pour la première fois depuis Job 2.6: " Le Seigneur dit à l'Adversaire : Eh bien, il est en ta main : seulement, épargne sa vie! "

Rien ne préparait le lecteur à cette soudaine apparition de Dieu. Job 37 s'achève sur le discours d'Elihou, et juste après, " le Seigneur répondit à Job du milieu de la tempête. " (Job 38.1). Instantanément, il n'y a plus que Dieu et Job, comme si les autres hommes étaient hors sujet, en tout cas pour le moment.

Le mot tempête vient d'un terme hébreu qui signifie tempête, orage, et il est utilisé en lien avec l'apparition de Dieu aux humains (voir Es 29.6; Za 9.14). C'est aussi le terme employé quand Élie est transporté au ciel: " Quand le Seigneur le fit monter au ciel dans une tempête, Élie partait du Guilgal avec Elisée " (2 R 2.1).

Bien que nous n'ayons aucun détail physique sur cette " théophanie " (manifestation visible de Dieu à l'humanité), il est clair que Dieu ne parle pas à Job d'une " voix ténue " (1 R 19.12). À la place, le Seigneur s'est manifesté d'une manière très puissante, qui a naturellement capté l'attention de Job.

Bien entendu, ce n'est pas la première fois que Dieu se révélait à des humains déchus. La Bible nous montre sans cesse la proximité de Dieu avec l'humanité.

Que nous enseignent ces textes sur la proximité de Dieu avec nous? Gn 15.1-6; Gn 32.24-32 ; Jn 1.29.

La Bible nous enseigne cette grande vérité: notre Dieu n'est pas un Dieu distant qui a créé notre monde pour nous laisser ensuite livrés à nous-mêmes. Il est au contraire un Dieu qui interagit étroitement avec nous. Quels que soient nos chagrins, nos difficultés, ou quoi que nous affrontions dans cette vie, nous avons l'assurance que Dieu est proche et que nous pouvons lui faire confiance.

C'est une chose de croire intellectuellement en la proximité de Dieu avec nous. C'en est une autre de vivre cette proximité.
Comment apprendre à se rapprocher de Dieu et à retirer espoir et réconfort de cette relation?

Lundi: La question de Dieu

Après ce qui a dû paraître une éternité pour Job, Dieu lui parle enfin, même si ce qu'il dit pour commencer n'était peut-être pas ce que Job voulait entendre.

Quelle était la première question que Dieu a posée à Job, et qu'impliquait-elle? (Job 38.2.)

Tout au long de la Bible, nous voyons Dieu qui pose des questions aux humains. Non pas qu'il ne connaisse pas les réponses à ces questions. Au contraire, comme le font souvent les bons enseignants, Dieu pose des questions, car elles sont un moyen efficace de nous faire réfléchir à notre situation, de nous mettre face à nous-mêmes, de nous aider à affronter les problèmes, et de parvenir aux bonnes conclusions. Les questions que pose Dieu ne servent donc pas à lui apprendre quelque chose qu'il ne sache déjà. Elles sont souvent posées, au contraire, afin d'aider les personnes concernées à apprendre des choses qu'elles ont peut-être besoin de mieux comprendre. Les questions de Dieu sont un outil rhétorique pour que la vérité parvienne à atteindre les gens.

Lisez ces questions posées par Dieu. Selon vous, quel était l'objectif de Dieu en posant ces questions? Que cherche-t-il à faire? Gn 3.11 ; Gn 4.9 ; 1 R 19.9 ; Ac 9.4 ; Mt 16.13.

Job avait beaucoup à dire sur Dieu, et de toute évidence, le Seigneur voulait qu'il voie qu'en réalité, il y avait beaucoup de choses qu'il ne connaissait pas ou qu'il ne comprenait pas sur son Créateur. À de nombreux égards, la première question de Dieu à Job coïncide avec une partie des paroles également prononcées par ces hommes (voir Job 8.1, 2; 11.1-3; 15.1-3).

Si Dieu devait vous poser une question sur l'état de votre vie en ce moment, que demanderait-il selon vous, et quelle serait votre réponse?
Qu'indiquent la question et la réponse sur vous?

Mardi: Le Seigneur comme Créateur

Lisez Job 38.4-41. Quelles questions Dieu pose-t-il à Job, et quel est l'objectif de ces questions?

Si Job s'attendait à une explication détaillée sur le pourquoi de ces catastrophes, il ne l'a pas eue. À la place, il a eu un flot de questions rhétoriques établissant un contraste entre le Seigneur dans sa puissance créatrice d'une part, et le caractère éphémère et l'ignorance du pauvre Job de l'autre.

" Où étais-tu quand je fondais la terre ? " commence le Seigneur (Job 38.4). Après avoir fait écho à plusieurs des premières images dans Genèse (par exemple, les origines de la terre, de la mer, de la lumière, et de l'obscurité), Dieu dit à Job (pour résumer) que, bien sûr il sait tout cela, car " alors [il] étai[t] né, et le nombre de [s]es jours est grand " (voir Job 38.21).

Le Seigneur évoque ensuite les merveilles et les mystères de la Création, avec à nouveau une série de questions rhétoriques qui couvrent non seulement les fondations de la terre, mais aussi les mystères du temps, et même des étoiles elles-mêmes. " Est-ce toi qui noues les liens des Pléiades ou qui desserres les cordages d'Orion ? " (Job 38.31.) Il ramène ensuite Job à la terre, depuis l'intelligence humaine (Job 38.37) jusqu'à l'existence des animaux sauvages (Job 38.39-41), thème qui est développé plus en détail tout au long de Job 39. Si le livre avait été écrit aujourd'hui, le Seigneur aurait pu demander: " Qui assemble les quarks en protons et en neutrons ?

Mercredi: La sagesse des sages

De notre perspective actuelle, il est facile d'examiner les questions que Dieu a posées à Job et de voir combien un homme comme Job, qui vivait il y a des milliers d'années, devait comprendre très peu de choses sur la création. Ce n'est que dans les années 1500, par exemple, que les humains (du moins, certains d'entre eux) ont enfin compris que le mouvement du soleil dans le ciel était dû à la rotation de la terre sur elle-même autour de son axe, ainsi qu'au mouvement de la Terre autour du soleil, vérité que nous tenons pour acquise aujourd'hui.

Grâce principalement aux découvertes de la science moderne, nous vivons aujourd'hui avec une connaissance du monde naturel que les gens des temps bibliques ne pouvaient même pas soupçonner. Et pourtant, même avec toutes nos connaissances, nous demeurons très limités dans notre compréhension du monde naturel et de ses origines.

Relisez les questions que Dieu pose à Job aux chapitres 38 et 39. Pourrait-on y répondre davantage aujourd'hui?

Évidemment, la science nous a révélé des facettes de la réalité qui nous étaient auparavant cachées. Mais il nous reste tant à comprendre! A de nombreux égards, loin de faire disparaître la majesté et les mystères de la création de Dieu, la science l'a rendue encore plus fascinante, révélant une profondeur et une complexité que les générations qui nous ont précédés ne soupçonnaient même pas.

" Ce qui est caché appartient à l'Eternel, notre Dieu; mais la révélation est pour nous et pour nos enfants à jamais. Dieu n'a pas révélé à l'homme la façon dont il s'y est pris pour créer l'univers. La science est impuissante à sonder les secrets du Très-Haut, dont la vertu créatrice est aussi incompréhensible que son existence. "32

De quel avertissement, cependant, devrions-nous tenir compte, à partir des textes suivants, au sujet des grandes limites de la connaissance humaine? 1 Co 3.19; 1 Co 1.18-2 7.

Même avec toute la connaissance que les humains ont accumulée ces derniers siècles, la Création demeure pleine de merveilles et de mystères que nous pouvons à peine imaginer. Plus nous en apprenons sur le monde créé, et plus il nous apparaît mystérieux et étonnant.

En quoi le monde créé nous laisse-t-il émerveillés devant la puissance de notre Dieu?

32 Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 89, 90.

Jeudi: Sur la poussière et la cendre

Lisez Job 40.1-4 et Job 42.1-6. Comment Job a-t-il réagi quand Dieu s'est révélé?

De toute évidence, Job était bouleversé par ce que Dieu lui avait montré. En fait, dans Job 42.3, quand il a dit: " Qui est celui qui, sans connaissance, assombrit mes projets ? ", il répétait simplement la première question que Dieu lui avait posée. Job connaissait la réponse à présent: c'est Job lui-même qui parlait de ce qu'il ne connaissait vraiment pas.

Remarquez également ce que Job dit dans Job 42.5. Il avait entendu parler de Dieu, mais à présent, il avait vu Dieu, autrement dit, maintenant qu'il avait une meilleure image de Dieu, il se voyait pour ce qu'il était vraiment. C'est pourquoi il a réagi ainsi, en se détestant et en se repentant sur la poussière et la cendre.

Lisez Ésaïe 6.1-5 et Luc 5.1-8. En quoi les réactions décrites ici font-elle écho à celle de Job?

Nous assistons dans tous ces cas à des manifestations d'une vérité biblique-clé: l'état de péché de l'humanité. Job était " intègre et droit ; il craignait Dieu et s'écartait du mal " (Job 1.1). Et malgré tous les efforts de Satan pour le détourner de Dieu, Job est resté fidèle du début à la fin. Nous avons ici affaire à un croyant solide et fidèle.

Et pourtant, que se passe-t-il ? Comme avec Ésaïe et Pierre, une évocation de la sainteté et de la puissance de Dieu a suffi pour que Job se fasse tout petit devant le sentiment de son propre état de péché et de sa petitesse. Pourquoi cela ? C'est simple: nous sommes tous des êtres déchus, dévastés par le péché, et notre nature elle-même est en conflit avec Dieu. C'est pourquoi, à la fin, personne ne peut se sauver lui-même. Personne ne peut accomplir suffisamment de bonnes œuvres pour s'attirer les bonnes grâces de Dieu.

C'est pourquoi nous tous, même les " meilleurs " d'entre nous, ceux qui, à l'instar de Job, sont intègres et droits, [qui] craignent Dieu et s'écartent du mal, avons besoin de la grâce, d'un Sauveur, de quelqu'un qui peut faire pour nous ce que nous ne pourrons jamais faire pour nous-mêmes. Par bonheur, nous avons tout cela, et plus encore, en Jésus.

Imaginez-vous debout face à Dieu.
Selon vous, quelle serait votre réaction?

Vendredi : Pour aller plus loin...

" Dieu a permis que des flots de lumière inondent les hommes dans le domaine des sciences et des arts. Mais lorsque les savants s'aventurent à épiloguer sur les secrets de la Providence, ils arrivent infailliblement à des conclusions erronées. Il peut être inoffensif de spéculer sur des matières non révélées dans la Parole de Dieu, mais c'est à condition que nos conclusions ne contredisent pas ce qu'elle affirme. Ceux qui abandonnent l'Écriture pour discourir sur l'œuvre de la création au nom de la science errent, sans carte ni boussole, sur une mer inconnue. Dans leurs tentatives pour concilier la Parole de Dieu avec la science, les hommes qui ne se laissent pas guider par la Bible, fussent-ils des génies, deviennent le jouet de leurs fantaisies. Le Créateur et son œuvre dépassent tellement leur compréhension que, devant leur incapacité de les expliquer par les lois naturelles, ils rejettent le récit biblique comme inacceptable. Ceux qui doutent de la véracité de l'Ancien et du Nouveau Testament et qui, au nom des lois naturelles, considèrent comme légendaires les parties historiques de la Bible, font généralement un pas de plus : ils en viennent à douter de l'existence de Dieu, et privés d'ancre et de boussole, ils vont se briser sur les récifs de l'incrédulité. "33

Discussion Questions:

  • Nous voyons se réaliser, dans le domaine scientifique en particulier, certains avertissements d'Ellen G. White. Lesquels ? Qu'enseigne la science, en tout cas aujourd'hui, qui est en totale contradiction avec la Parole de Dieu?
  • Alfred North Whitehead, mathématicien et auteur influent qui a vécu au siècle précédent, a déclaré ceci :" Il y a cinquante-sept ans, il est arrivé quelque chose alors que j'étais jeune étudiant à l'Université de Cambridge. Des hommes brillants m'enseignaient la science et les mathématiques, et j'avais de bons résultats. Depuis le changement de siècle, j'ai vu chacune des hypothèses de l'un et l'autre domaine mises de côté. [...] Et pourtant, face à cela, ceux qui découvrent de nouvelles hypothèses scientifiques déclarent : Enfin, ça y est, nous avons des certitudes. "34 Que nous indique cette déclaration sur la prudence dont nous devons faire preuve quand nous acceptons ce que les " grands hommes " de ce monde nous enseignent, en particulier quand ce qu'ils enseignent est aux antipodes de la Parole de Dieu?
  • Citez des merveilles de la Création révélées par la science moderne que les gens de l'époque de Job ou même ceux qui vivaient ne serait-ce qu'il y a deux cents ans) n'auraient pas pu comprendre? En quoi ces choses nous révèlent-elles davantage de l'étonnante puissance créatrice de notre Seigneur?

33 Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 90.
34 A. N. Whitehead, Dialogues of Alfred North Whitehead.