Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 4

Être et faire

Étude de la semaine : Jc 1.23, 24; Mt 19.16-22 ; Lc 6.27-38; Rm 8,2-4; 12.9-18; 2 P 1.4

Versets à mémoriser: " «Mais devenez des réalisateurs de la parole et pas seulement des auditeurs qui s’abuseraient eux-mêmes. » (Jc 1.22, TOB) "

Charles Blondin, également surnommé « Le grand Blondin » s’est fait connaitre en traversant les chutes du Niagara sur une corde raide. En septembre 1860, le Prince de Galles avait été témoin de la traversée de Blondin avec un assistant sur son dos. Après la traversée, Blondin se tourna vers le Prince britannique et lui proposa de monter sur son dos pour qu’ils traversent les chutes de la même manière. Le Prince avait entendu parler des talents de l’homme, et il venait juste de les voir en action, mais il n’était pas encore prêt à mettre sa vie entre les mains de Blondin.

L’idée derrière cela, c’est que bien sûr, entendre et voir ne suffisent pas quand il s’agit d’une relation avec Dieu. Nous pouvons être intellectuellement convaincus de l’existence de Dieu, de la vérité de l’Evangile, et du retour du Christ. Nous pouvons même avoir vu pour nous-mêmes la réalité de l’amour et des soins de Dieu. Cependant même avec tout cela, nous pouvons ne pas être vraiment prêts à nous remettre totalement entre ses mains, un acte qui serait révélé par nos œuvres. C’est précisément la raison pour laquelle Jacques met l’accent sur l’importance d’être des réalisateurs, et pas seulement des auditeurs, de la Parole.

Cette semaine, nous examinerons ce que signifie être un réalisateur de la Parole pour ceux qui sont sauvés par grâce.

Dimanche: Connaitre son ennemi

Quelqu’un a dit un jour à propos de son ennemi: « Je le vois tous les jours. Quand je me rase ». C’est exactement ce que Jacques veut que nous reconnaissions : notre pire ennemi, c’est nous-mêmes. Le salut commence quand nous voyons qui nous sommes vraiment, et pas qui nous pensons être.

Lisez Jacques 1.23, 24.

Qui est décrit ici, et quel est le problème fondamental?

Tandis qu’il n’y a rien de mal en soi à vouloir apparaitre sous son meilleur jour, beaucoup de gens gaspillent beaucoup de temps et d’argent à améliorer leur apparence. Mais nous devons nous assurer que nous ne nous trompons pas nous-mêmes. Jacques dit que nous avons besoin d’avoir une meilleure vision de nous-mêmes, peu importe si nous n’aimons pas ce que nous voyons.

Lisez Matthieu 19.16-22 et 26.33-35, 69-75.

Est-ce que l’image que chacun de ces deux bommes a de lui-même a quelque chose à voir avec la réalité ? Que dirent leurs réactions aux paroles de Jésus sur eux-mêmes?

Le jeune homme riche pensait qu’il avait gardé les commandements. Tout à coup, il était devant un défi, il devait adhérer à un type d’obéissance différent, auquel il n’avait jamais pensé, et qui allait bien plus loin qu’une simple conformité extérieure à des règlements. (Voir Rm 7.7)

Pierre, tout comme ce jeune homme, avait également une image déformée de lui-même. Il prédit avec assurance que même si tous devaient tomber, lui resterait fidèle, même si cela devait lui couter la vie. Mais ni l’un ni l’autre ne comprenaient combien le péché les tenait serrés comme dans un étau. Tous deux se trompaient eux-mêmes sur leur véritable état spirituel. Pierre, cependant, a fini par se convertir. Pour autant que l’on sache, ce n’est pas le cas du jeune homme riche.

C’est toujours tellement facile de voir les fautes chez les autres, mais pas chez nous, n’est-ce pas ? Pourtant, au fond, nous sommes probablement plus conscients de nos fautes que nous ne voulons bien l’admettre. Sondez votre âme. Vous avez besoin d’un Sauveur, ou bien vous allez mourir pour l’éternité, et de manière tout à fait méritée.

Lundi: Etre un réalisateur

Relisez Jacques 1.22.

Le terme grec dit « devenir » des réalisateurs de la Parole. En quoi le message aurait-il été différent si Jacques avait simplement dit: « Faites la Parole »?

Jacques combine être et faire. Il ne les sépare pas, et il ne met pas l’un dessus de l’autre. Ce sont les deux faces de la même pièce, inséparables. Nous devons être des pratiquants. De plus, le temps du mot grec pour être signifie ici avoir un style de vie constant d’obéissance, qui est attendu de nous maintenant, plutôt qu’un jour, dans l’avenir.

Ce qu’il veut dire, c’est que nous devenons de nouvelles personnes dans le Seigneur, et en conséquence de ce nous devenons nous faisons ce que Dieu, nous demande. C’est tout à fait différent de simplement suivre des règles (ce qui semble avoir été le problème avec le jeune homme riche, comme nous l’avons vu dans la leçon d’hier).

Lisez Luc 6.27-38. Citez quelques-unes des actions que nous devons entreprendre.

« Aimez vos ennemis. » « Donne à quiconque te demande. » « Soyez magnanimes, comme votre Père est magnanime » (Lc 6.27, 30,36). Cela semble impossible, n’est-il pas vrai ? Et cela l’est pour nous. Un amour pareil ne vient pas tout seul pour les êtres humains pécheurs. C’est pourquoi Jésus poursuit en parlant de deux types d’arbres et des fruits qu’ils produisent (Lc 6.43.45). De la même manière, dans Galates 5, Paul met en opposition les œuvres de la chair (Ga 5.19-21) avec le fruit de l’esprit (Ga 5.22, 23). C’est comme si plus nous nous focalisions sur le faire, et c’est pire. Tandis que, si nous sommes dirigés par l’Esprit, le résultat est tout à fait différent : le fruit de l’amour et de l’obéissance,

Pensez à une occasion ou vous avez fait quelque chose simplement parce que l’on vous le demandait ou parce que c’était une règle à laquelle vous deviez obéir. Puis comparez cela à une occasion ou vous avez fait quelque chose de comparable parce que vous vouliez le faire, cela venait de vous naturellement parce que le Christ vit en vous. Comment cette opposition nous aide-t-elle à comprendre l’idée de la façon d’aujourd’hui ?

Mardi: La loi de liberté

Lisez Jacques 1.25. Que dit-il sur le rôle de la loi?

Jacques fait écho aux Psaumes en disant que la loi de Dieu est « parfaite » (Ps 19.1) et un moyen d’être libre (Ps 119.45). Mais remarquez que la loi dans Jacques ne peut pas nous sauver et ne peut certainement pas nous purifier. Elle nous montre l’idéal de Dieu, mais elle ne peut pas nous faire suivre l’idéal pas plus qu’un athlète d’envergure internationale ne peut nous permettre de faire comme lui. Pour suivre cet idéal, nous avons besoin de la puissance du Christ clans nos vies.

Lisez Romains 8.2, 4 et 2 Corinthiens 3.17, 18. Quelle est la différence entre la loi comme instrument de mort et la loi comme montrant la voie de la liberté et de la vie?

Même Paul affirme: « Ce ne sont pas ceux qui entendent la loi qui sont justes devant Dieu; ce sont ceux qui mettent la loi en pratique qui seront justifiés ». (Rm 2.13). Comme il dit, nous pouvons mettre la loi en pratique uniquement par l’œuvre de l’Esprit qui écrit la loi dans nos cœurs. Ce n’est que lorsque nous y obéissons du fond du cœur que la loi peut devenir une loi de liberté.

Ainsi, le problème ne se situe pas au niveau de la loi, mais à notre niveau à nous. Nous oublions qui nous sommes vraiment: des pécheurs ayant constamment besoin d’un Sauveur. En dehors du Christ, nous ne faisons qu’entendre la condamnation de la loi. Mais en Christ, nous devenons de nouveaux hommes et de nouvelles femmes (2 Co 5.17) qui sont libérés en Jésus (Jn 8.36). C’est lui que nous entendons nous parler de la loi, afin que nous "nous aimions les uns les autres comme [il nous a] aimés" (Jn 15.12). A travers Christ, nous vivons la liberté de fils et de filles de Dieu qui sont sauvés par grâce, nous ne voulons pas retourner dans la condamnation et l’esclavage que nous avions lorsque nous étions des transgresseurs. En Christ, non seulement nos péchés nous sont pardonnés, mais nous avons une nouvelle vie, une vie qui nous permet d’obéir à la loi. Nous le faisons, cependant, non afin d’être sauvés, mais grâce à la liberté que l’on a quand on sait que nous sommes déjà sauvés et par conséquent ne sommes plus condamnés par la loi.

Réfléchissez à ce que cela serait, ayant la nature qui est la nôtre, d’essayer de garder la foi suffisamment correctement pout être sauvés par elle. En quoi cela ferait-il de la loi un moyen d’esclavage? Comment Jésus nous a-t-il délivrés de cet esclavage tout en nous ordonnant en même temps de garder la loi ?

Mercredi: Utile ou inutile?

Lisez Jacques 1.26, 27 et comparez avec Matthieu 25.35, 36,40 et Romains 12.9-18. À la lumière de ces passages, comment définiriez-vous le christianisme véritable?

Si Jésus, Jacques, et Paul ont insisté sur quelque chose, c’est bien sur l’importance d’être un chrétien utile. En aimant « l’un de ces plus petits » (Mt 25. 40), en prenant le temps de rendre visite à ceux qui sont le plus facilement négligés, en faisant preuve d’hospitalité, par tous ces moyens pratiques, et d’autres, nous révélons l’amour de Jésus et nous devenons le canal par lequel Jésus aime à travers nous.

« L’argument le plus puissant en faveur de l’Evangile, c’est un chrétien aimant et aimable. » Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 406. Bien sûr, comme elle l’explique ensuite, « pour vivre une telle vie, pour exercer une telle influence, il faut à chaque pas des efforts, de l’abnégation, de la discipline. » p. 470. Cela ne vient pas naturellement ou automatiquement. Si notre religion se résume à une profession de foi, et à écouter des sermons, elle est en grande partie inutile.

Jacques décrit la « religion » ou le « religieux » aux versets 26 et 27 par mot qui sous-entend être exceptionnellement fervent. Une telle attitude a des conséquences immédiates et visibles, et les gens remarquent la différence.

L’un des changements évidents est notre choix de mots. Au lieu de faire des remarques sans retenue avec un ton et des gestes durs, nous devenons plus sensibles aux effets que notre communication exerce sur les autres. Nous « bridons » notre langue afin qu’elle ne sorte pas au galop devant nous avec toute la violence et l’énergie d’un cheval indompté.

Jacques distingue également les orphelins et les veuves comme étant ceux qui ont le plus besoin de notre amour et de nos soins. Du point de vue du monde, cela n’a pas de sens de se focaliser sur ceux qui ne peuvent rien offrir à la société. Mais du point de vue de Dieu, c’est précisément la manière dont nous traitons ceux qui ont été rejetés par le monde qui révèle lesquels parmi nous sont les véritables disciples de Jésus; soit en prêtant de l’argent à ceux qui ne peuvent pas nous le rendre, en invitant à manger ceux qui ne peuvent pas nous rendre la pareille, ou en bénissant et en priant pour ceux qui nous maltraitent (Lc 6.35, 14.12-14, Mt 5.44). Comme Paul le souligne, nous sommes recréés en Christ Jésus pour de bonnes œuvres (Ep 2.10).

Combien de temps et d’énergie passez-vous à aider ceux qui en ont besoin ? Que dit votre réponse sur le « degré d’utilité » réelle de votre foi ?

Jeudi: Pas comme le monde

Que signifie se garder de « toute tâche du monde »? (Jc 1.27) Comment est-ce même seulement possible? Voir également 1 Jean 2.15, 16; 2 Pierre 1.4.

Certaines personnes semblent penser que si seulement elles pouvaient s’éloigner suffisamment du monde, elles pourraient éviter la plupart de ses tentations. Bien qu’il y ait une part de vérité là-dedans, et que nous devons essayer d’éviter la tentation autant que possible (en particulier celles auxquelles il nous est le plus difficile de résister), nos problèmes ont tendance à nous suivre où que nous allions. Le problème avec le péché, ce n’est pas tellement ce qui est à l’extérieur de nous, bien que cela joue bien sûr un rôle, mais c’est plutôt ce qui est en nous, et dans nos cœurs. C’est là que se situe la lutte, et nous devons mener ce combat, quel que soit l’endroit où nous vivons.

Un autre phénomène intéressant, c’est que la résolution de certains problèmes rend ceux qui restent plus évidents encore. Par exemple, nettoyer une zone d’une pièce souligne encore davantage la saleté ailleurs. C’est la même chose avec la vie spirituelle: « Plus vous vous approcherez de Jésus, plus vous vous rendrez compte de vos lacunes; car votre vision spirituelle sera plus claire, et vos imperfections offriront un contraste de plus en plus frappant avec la perfection de sa nature. » Ellen G. White, le meilleur chemin, p. 57,58.

Ne faisons pas dire ici à Ellen White ce qu’elle ne dit pas. Elle ne dit pas que plus nous nous rapprochons de Jésus et plus nos lacunes sont importantes. Elle dit un peu plus loin : « Plus la conviction de note misère nous pousse près de lui et de la Parole de Dieu, plus haute est la vision que nous avons de son caractère, et plus parfaitement nous réfléchissons son image ». Le meilleur chemin, p. 52.

La véritable religion amène une personne à avoir « faim et soif » d’une expérience plus profonde (Mt 5.6). Jésus a passé le temps qu’il fallait avec son Père céleste pour connaitre sa volonté. Cependant, il ne s’est jamais coupé des autres. Il allait là où se trouvaient les gens. Sa « nourriture » était d’atteindre les nécessiteux, de briser les barrières des préjugés, et de partager la bonne nouvelle dc la vie éternelle (Jn 4.28-35).

Bien que Jésus et les premiers chrétiens avaient un régime alimentaire et une façon de vivre assez différents du monde païen autour d’eux, ces pratiques ne les ont jamais empêchés de partager leur foi. Ils sont allés partout, et l’évangile s’est répandu dans tout l’empire et s’est solidement implanté partout, même dans des centres de corruption et de méchanceté comme Rome. ?

Vendredi : Pour aller plus loin...

Pour aller plus loin... Lisez Ellen G. White, « Le meilleur chemin », « La pierre de touche », pp. 51 58.

« La loi est le grand miroir moral de Dieu. L’homme doit comparer ses paroles, son esprit, ses actions à la Parole de Dieu. » Ellen G. White Comments, The SDA Bible Commentary, vol. 7, p. 935.

« Au lieu de libérer l’homme de l’obéissance, c’est la foi, et la foi seule, qui nous rend participants de la grâce du Christ, qui nous permet de rendre l’obéissance. Tout comme Jésus vivait dans sa nature humaine, de même Dieu veut que ses disciples vivent. Par sa force nous devons vivre la vie de pureté et de noblesse que le Sauveur a vécue. » Ellen G. White, Our Father Cares, p. 69.

Discussion Questions:

  • Bien que l’on nous ait dit que c’est à notre avantage de nous éloigner (si possible) des endroits mondains, pourquoi n’est-ce pas pour autant la réponse ultime aux problèmes de péché et de tentation ? Combien de kilomètres pourrions-nous faire pour être assez loin de toute sorte de tentation ? Quelle est la seule réponse au péché et à la tentation, quel que soit l’endroit où nous vivions ?
  • Des policiers essayaient de placer des appareils d’espionnage électroniques dans un bureau qu’ils soupçonnaient être un repaire de criminels. Seul problème : de vicieux dobermans entouraient l’endroit. Alors les policiers, chaque nuit donnaient des hamburgers à manger aux dobermans. D’abord, ils en jetèrent cinq ou six à travers les barreaux. En peu de temps, les chiens se mirent non seulement à manger les sandwichs directement dans les mains des policiers, mais une fois le repas terminé, ils léchaient les mains des policiers. Ainsi, une fois les chiens de garde apprivoisés, les policiers purent infiltrer les lieux et installer leurs appareils. Quelle leçon tirer de cette histoire sur la manière dont nous pouvons, si nous n’y prêtons pas garde, baisser notre propre garde ?
  • Réfléchissez davantage à cette idée d’être un réalisateur de la Parole contrairement au fait de se contenter de croire la Parole. En fin de compte, quelle est la véritable différence entre les deux ?
  • Que dire à ceux qui prétendent qu’à cause de la grâce du Christ, ils sont libérés de la loi ? Que veulent-ils dire par là, la plupart du temps et comment leur répondriez-vous ?