Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 5

L’amour et la loi

Étude de la semaine : Jc 2.1-13; Mc 2.16; Lv 19.17, 18; Rm 13.8-10; Jn 12.48.

Versets à mémoriser: " « Car le jugement est sans compassion pour qui ne montre pas de compassion. La compassion triomphe du jugement. » (Jc 2.13) "

Nous connaissons bien cette histoire. La question est: a-t-elle été parfaitement assimilée?

D’abord, un prêtre, puis un Lévite, allant de Jérusalem à Jéricho, rencontrent un homme gisant a moitié mort sur la route. Tous deux viennent de terminer leurs devoirs religieux, et cependant, ni l’un ni l’autre apparemment, ne sont capables de faire le lien entre ces devoirs et un sens de l’obligation envers l’âme blessée, et donc ils poursuivent tous deux leur chemin. Finalement, un Samaritain, un demi-païen, passe par là, prend pitié de l’homme, bande ses plaies, et paie son séjour à l’auberge où il peut se rétablir. Il promet également à l’aubergiste de payer tout ce dont l’homme pourrait avoir besoin (voir Lc 10.30-37).

Jésus a raconté cette histoire en réponse à une question posée par un maitre de la loi sur la vie éternelle. Au lieu de dire à l’homme : « Fais plus d’efforts ! » ou « Fais-en davantage ! », Jésus dépeint un tableau de l’amour en actions. C’est-à-dire que nous devons aimer même dans des circonstances potentiellement dangereuses ou déplaisantes, et nous devons aimer même ceux que nous n’apprécions pas.

Bien que ce ne soit pas facile, et que cela aille souvent à l’encontre de notre nature, le véritable amour implique une dose importante de risque et nous appelle à renverser las barrières qui nous séparent en tant que personne, à la fois en dehors et (en particulier) au sein même de l’Église. Cette semaine, nous verrons ce que Jacques a à dire sur cette vérité cruciale.

Dimanche: L’homme en or

Lisez Jacques 2.1.4.

Il s’agit, entre autres, d’une étude comparative. Une personne est riche, bien habillée, et apparemment, importante, tandis que l’autre est pauvre, habillée modestement et apparemment, n’est personne. L’une reçoit la courtoisie maximale, l’autre uniquement du mépris. L’une reçoit un fauteuil confortable et éminent. L’autre s’entend dire de rester debout plus loin, ou de trouver une place par terre.

Le tableau n’est pas très beau à voir, surtout parce qu’il décrit (potentiellement en tout cas) quelque chose qui arrive durant un culte ! Le terme grec pour « assemblée » au verset 2 est synagogue, sans doute en référence à un service de sabbat juif-chrétien, dont beaucoup se tenaient dans des maisons (voir Ac 18.7, 8).

Dans la culture gréco-romaine du premier siècle, l’image publique et la position sociale que l’on avait étaient importantes par-dessus tout. Ceux qui avaient des richesses, de l’instruction, ou bien de l’influence politique étaient censés utiliser ces atouts pour améliorer leur réputation et augmenter leurs bénéfices personnels. Tout don important fait à des projets publics ou religieux mettait le bénéficiaire dans l’obligation de rendre la pareille au donateur, La bonté était récompensée par la loyauté, et la générosité par l’appréciation publique. Les quelques membres de la haute société qui assistaient aux services chrétiens s’attendaient à un traitement de faveur. Ne pas tenir compte de ces attentes aurait amené la disgrâce sur l’Eglise. Si l’on manquait au « politiquement correct » ou si l’on rejetait les valeurs sociétales, cela constituait une faute diplomatique et causait des divisions.

Lisez Marc 2.16 et Luc 11.43.

Ce n’est pas un péché d’être pauvre ou riche, mais l’un des baromètres de notre expérience chrétienne est la manière dont nous traitons les gens qui diffèrent de nous par l’âge, en biens, en instruction, et même en convictions religieuses. Nous avons tendance à respecter davantage ceux que nous percevons comme étant au-dessus de nous sur l’échelle sociale et moins ceux qui sont « en dessous. » Il faut nous souvenir qu’il est facile d’être ramenés clans les conventions alors que Dieu nous appelle à être différents (voir Rm 12.2).

Ne nous voilons pas la face : nous ne faisons peut-être pas les choses de manière aussi publique et insensible que Jacques le décrit, mais ne sommes-nous pas facilement sujets à faire du favoritisme ? Comment apprendre à reconnaitre ce problème en nous, et en fin de compte, à le régler ?

Lundi: Lutte de classes

Comme le savent tous les représentants évangélistes, très souvent ceux qui ont le moins sont disposés à sacrifier le plus pour acheter des livres chrétiens. Les quartiers aisés sont souvent des territoires difficiles pour vendre des livres, car les gens qui y vivent sont satisfaits de ce qu’ils ont, et donc, très souvent, ne ressentent pas leur besoin de Dieu autant que ceux qui ont moins. Le même phénomène est également décelable à une échelle beaucoup plus grande : l’Église a souvent connu de grandes croissances lors de périodes de tensions économiques et sociales. Après tout, ceux qui luttent avec de grands problèmes ne sont-ils pas plus souvent réceptifs à l’espérance présentée dans l’histoire de Jésus que ceux qui pensent que les choses vont à merveille pour eux?

Lisez Jacques 2.5, 6.

Comment développe-t-il ici ce qu’il a écrit aux quatre premiers versets? .

Si l’on en croit ce passage, ii semble qu’il y avait de graves problèmes dans l’Eglise parmi les riches et les pauvres. Dieu a choisi les pauvres qui, bien que rejetés par le monde, étaient « riches de foi », tandis que les riches employaient leur richesse pour « opprimer » les pauvres. Ce problème du riche qui exploite le pauvre était une réalité omniprésente à l’époque. Pire encore, la loi romaine avait codifié la discrimination envers les pauvres et en faveur des riches.

« Les individus de classe inférieure, que l’on considérait comme agissant pour leur propre intérêt économique, ne pouvaient pas porter d’accusations envers des individus de classe supérieure, et les lois prévoyaient des peines plus sévères pour les individus de classe inférieure reconnus coupables de délits que pour les contrevenants de classe supérieure. » Craig S. Keener, the IVP Bible Background Commentary New Testament (Downers Grove, Ill. Intervarsity Press, 1993), p. 694.

Lisez Jacques 2.7.

Que dit-il d’important ici sur l’impact de ce mauvais comportement?

Leur mauvais comportement est en réalité du blasphème envers « le beau nom » de Jésus. Les mauvaises actions sont suffisamment mauvaises comme cela en elles-mêmes. Ce qui aggrave les choses, c’est quand ceux qui les commettent professent le nom de Jésus. Et pire encore, quand il s’agit de gens qui, au nom de Jésus, se servent de leur richesse ou de leur pouvoir pour tirer avantage des autres dans l’Eglise, ce qui entraine souvent des divisions et des disputes. Combien devons-nous donc veiller à ce que nos paroles et nos actes soient en accord avec « le beau nom » auquel nous nous associons!

Mardi: Aimer notre prochain

Lisez Jacques 2.8, 9, ainsi que Lévitique 19.17, 18 et Matthieu 5.43-45.

Quel message crucial recevons-nous ici?

Jacques appelle la loi de Dieu la loi royale (Jc 2.8), car c’est la loi du « Roi des rois » (Ap 19.16). La loi de son royaume est donnée en détail dans le Sermon sur la Montagne (Mt 5-7), qui comprend la première des neuf références du Nouveau Testament au fait d’aimer notre prochain.

Les paroles de Jésus dans Matthieu 5.43 indiquent la manière dont Lévitique 19.18 était compris à cette époque. Par exemple, les commandements dans Lévitique, qui se trouvent immédiatement avant, emploient des synonymes pour le prochain : ils interdisent la haine envers son frère (Lv 19.17) et le fait de garder de la rancune envers un compatriote (Lv 19.18).

Très vraisemblablement, certains interprétaient ces commandements de la façon suivante : il était acceptable de se fâcher on de détester quelqu’un qui n’était pas Israelite, car cela n’est pas mentionné spécifiquement dans les textes du Lévitique. Après tout, ceux qui n’étaient pas israélites étaient généralement considérés comme des ennemis. Nous savons maintenant qu’une telle attitude existait dans la communauté de Qumran, ce groupe de Juifs pieux qui s’étaient séparés du reste de la nation. On leur enseignait à haïr « les enfants des ténèbres » et « les hommes de la perdition » (The Community Rules 1QS 1: 10; 9:21,22), des étiquettes qui incluaient apparemment non seulement les étrangers, mais même les Israelites qui avaient rejeté les enseignements de la communauté.

« Le péché est le plus grand de tous les maux; notre devoir est d’avoir pitié du pécheur et de lui venir en aide. Plusieurs, parmi les égarés reconnaissent leur honte et leur folie. Ils soupirent après des paroles d’encouragement. Ils déplorent leurs fautes et leurs erreurs jusqu’à ce qu’ils sombrent dans le désespoir. Nous ne devons pas négliger de telles âmes. Si nous sommes chrétiens, nous ne passerons pas outre en nous tenant le plus loin possible de ceux qui ont le plus grand besoin de notre aide. Quand nous verrons des êtres humains en détresse, qu’il s’agisse d’un malheur ou des conséquences d’une faute, nous ne dirons pas : ceci ne me regarde pas. » Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 500.

La vie de Jésus est l’exemple suprême d’amour désintéressé envers ceux qui ne le méritaient pas et qui ne rendaient pas cet amour. Comment apprendre à exprimer un tel amour envers ceux que nous considérons comme ne le méritant pas ou qui ne nous aiment pas en retour ? Pourquoi, à la fin, l’abandon total de soi-même et la mort à soi-même sont-ils la seule réponse ?

Mercredi: Toute la loi

Lisez Jacques 2.10, 11.

À présent, lisez les passages ci-dessous et classez-les selon qu’ils mettent l’accent sur « toute la loi », « la loi d’amour », ou les deux. Matthieu 5.18, 19 ; Matthieu 22.36-40 ; Romains 13.8-10 ; Galates 3.10 ; Galates 5.3 ; Galates 5.14



Il nous est difficile de saisir combien l’enseignement de Jésus sur la loi était radical. Pour les Juifs pieux de l’époque (et pour beaucoup aujourd’hui), on ne peut pas vraiment prétendre observer la loi sans s’engager à garder toutes les lois que l’on trouve dans les livres de Moise. On a identifié en tout 613 lois distinctes (248 lois positives et 365 lois négatives).

La question posée à Jésus quant à savoir quelle loi était plus importante (Mt 22.36) était probablement destinée à le piéger. Mais bien que Jésus semble avoir affirmé que le plus petit « iota » (la plus petite lettre en hébreu; Mt 5.18) était important, il a également enseigné qu’aimer Dieu et son prochain étaient les commandements les plus importants parce qu’ils résument tous les autres.

L’enseignement de Jésus monte également que l’obéissance ne se fait pas dans le vide, Elle est toujours relationnelle, ou bien elle n’a pas de sens. Autrement dit, si je donne ma dime parce que c’est bien de le faire ou parce que j’ai peur d’être perdu si je ne le fais pas, cela n’a rien de relationnel. D’un autre côté, si je donne la dime par gratitude pout tout ce que Dieu m’a donné, alors mes actes sont fondés sur ma relation avec Dieu.

Jésus a également parlé des « questions les plus importantes » de la loi comme étant « la justice, la compassion et la foi » (Mt 23.23). Ces trois questions tournent également autour des relations, avec Dieu et avec les autres. Jacques, par conséquent, ne dit pas autre chose que Jésus ou Paul: toute transgression de la loi de Dieu endommage dans une certaine mesure notre relation avec Dim et avec les autres. Il ne s’agit donc pas de savoir si nos bonnes actions pèsent plus lourd que nos mauvaises actions. Cela, c’est l’obéissance dans le vide, c’est agir comme si tout tournait autour de nous. Au lieu de cela, en connaissant Jésus, nous commençons à déplacer note attention de nous-mêmes vers la dévotion envers Dieu et le service aux autres.

Quelle mesure de votre obéissance vient de votre amour pour Dieu et les autres et quelle mesure d’un sentiment d’obligation ? Le fait de travailler par obligation est-il cependant toujours mauvais ? Peut-être ne ressentez-vous pas d’amour pour une personne donnée, mais vous l’aidez uniquement parce que vous savez que vous êtes censés le faire. Y-a-t-il quelque chose de mal là-dessus, et si ou, pourquoi ?

Jeudi: Jugés par la loi

Lisez Jacques 2.12, 13. (Voir également 12.48; Rm 2.12, 13; 2 Co 5.10; Ap 20. 12,13)

Qu’enseignent ces versets sur le jugement?

Rien n’est plus clair que l’enseignement qui dit que nous serons jugés par la loi sur la base de ce que nous avons fait, bien ou mal, En même temps, la Bible est également claire: par la foi en Jésus, nous sommes couverts par sa justice.

Cette couverture implique deux aspects : le pardon (la justification) et l’obéissance (la sanctification). « Ainsi, comme vous avez reçu le Christ-Jésus, le Seigneur, marchez en lui » (Co12.6, Colombe) ; et « En effet, vous tous qui avez reçu le baptême du Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3.27).

On dit souvent que nous serons jugés uniquement sur la base de ce que nous avons fait, mais également sur ce que nous n’avons pas fait. Bien que ce soit vrai, beaucoup ont une idée fausse de ce que cela signifie. Il ne s’agit pas de faire plus de choses. Cela serait une recette pour le découragement et le défaitisme, Remarquez comment Jacques décrit cela dans la première moitié du verset 13: le jugement est sans compassion pour qui ne montre pas de compassion. A nouveau, il s’agit d’une définition relationnelle du « faire ».

Si nous y pensions suffisamment longtemps, nous pourrions devenir tellement paranoïaques sur le jugement que nous laisserions tout tomber par désespoir. Mais ce n’est pas ce que cela signifie de « craindre Dieu... car l’heure de son jugement est venue » (Ap 14.7)! Au lieu de cela, nous devons toujours faire confiance en la justice de Jésus, dont les mérites seuls sont notre seule espérance pour le jugement. C’est notre amour pour Dieu, qui nous a sauvés par sa justice, qui devrait nous pousser à faire toutes les choses qu’il nous a appelés à faire.

En même temps, les avertissements dans la Bible sur le jugement sont là pour notre bien, de sorte que nous ne nous berçons pas d’un faux sentiment de sécurité. Jacques dit: « la compassion triomphe du jugement » (Jc 2.13). Nous devons nous souvenir de ces paroles, en particulier quand nous sommes devant ceux qui sont tombés dans les pires péchés.

Avez-vous déjà tout gâchés, et, alors que vous attendiez à essuyer des reproches et des condamnations, vous avez reçu miséricorde, grâce et pardon à la place ? Qu’avez-vous ressenti ? Comment vous assurer que vous n’oublierez pas cela la prochaine fois que quelqu’un gâchera tout ?

Vendredi : Pour aller plus loin...



Pour aller plus loin... Lisez Ellen G. White, « La tragédie des siècles, « L’instruction du jugement », pp. 521-534

« Dieu vous a reconnus comme ses enfants devant les anges et devant les hommes; craignez donc d’outrager le “beau nom que vous portez.” Jacques 2.7. Dieu vous envoie dans le monde comme ses représentants. Vos moindres actions doivent glorifier son nom. [...] Ce n’est qu’en acceptant sa grâce et sa justice que vans y parviendrez. » Ellen C. White, Heureux ceux qui, p. 114.

« Par Christ, la justice peut pardonner sans sacrifier un iota de Sa Sainteté exaltée. » Ellen G. White Comments, The SDA Bible Commentary, vol. 7, p. 936.

Discussion Questions:

  • Gandhi a résumé la pensée de beaucoup quand il a déclaré : « J’aime votre Christ, mais Je n’aime pas vos chrétiens. Vos chrétiens ne ressemblent tellement pas à votre Christ. » Pourquoi malheureusement, n’est-il pas difficile de comprendre pourquoi il a dit cela? Certes, il est facile de regarder ce que d’autres ont fait au nom du Christ, mais pourquoi devons-nous plutôt nous regarder nous-mêmes et ce que nous avons fait un nom de Jésus? Le révélons-nous fidèlement au monde qui nous entoure?
  • Votre Église est-elle un endroit où les gens se sentent estimés et respectés, quels qu’en soient leur passé, leur position sociale, leurs particularités, etc. ? Si tel n’est pas le cas, que pouvez-vous faire pour faire une différence ?
  • Quelles sont certaines des traditions et des normes sociales en vigueur dans votre pays qui sont contraires aux principes de la foi biblique ? Citez-en quelques-uns d’assez flagrantes, et d’autres, plus subtiles. Après les avoir identifiées, comment apprendre à les transcender, afin de vivre et de révéler les principes de l’évangile d’une manière qui montre aux autres que Jésus nous offre à tous une meilleure voie ?
  • C’est une chose d’aimer son prochain, mais que signifie aimer Dieu ? En classe, discutez de ce que cela signifie, d’aimer Dieu, de pourquoi nous l’aimons, et de comment nous exprimons cet amour.
  • « La compassion triomphe du jugement. » Qu’est-ce que cela signifie à un niveau pratique, comme lorsque nous avons affaire à ceux qui font le mal ? Quel équilibre est nécessaire ici ?