Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 10

Jésus à Jérusalem

Étude de la semaine : Za 9.9 ; Mt 21.1-46 ; Rm 4.13-16 ; Ap 14.7-12 ; Ac 6.7 ; Mt 22.1-15

Versets à mémoriser: « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : C’est la pierre que les constructeurs ont rejetée qui est devenue la principale, celle de l’angle ; cela est venu du Seigneur, c’est une chose étonnante à nos yeux. » (Matthieu 21.42)

Dans Matthieu 20.27, Jésus dit : « Et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude ». Voici donc Jésus, le Dieu éternel, celui qui a créé toutes choses, qui a vécu la vie d’un serviteur ici sur terre, soulageant les besoins des perdus, des malades, des nécessiteux, dont beaucoup l’ont méprisé. Un tel renoncement, une telle abnégation sont en dehors de notre compréhension !

Mais aussi incompréhensible que soit son esprit de service, l’émerveillement va encore plus loin, car lui, le Dieu éternel, se tient à présent devant le but de sa venue : « donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Colombe). Ce sacrifice de soi, cette abnégation, va bientôt culminer en un mystère dans lequel même « les anges désirent plonger leurs regards » (1 P 1.12), c’est-à-dire la Croix.

La leçon de cette semaine examinera quelques-uns des évènements et des enseignements majeurs autour la venue de Jésus à Jérusalem, non pour être couronné roi d’un royaume terrestre, comme tant de gens l’avaient souhaité et espéré, mais pour devenir « péché, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu » (2 Co 5.21).

Dimanche: Une venue prophétisée

Après leur captivité de soixante-dix ans à Babylone, les Juifs commencèrent à revenir à Jérusalem. Ils étaient impatients de reconstruire leur temple, mais après la mise en place des fondations, ceux qui se souvenaient du magnifique temple de Salomon se rendaient compte que ce deuxième temple n’allait pas du tout être à la hauteur du premier. Alors ils « pleuraient à grand bruit » (Esd 3.12). Le peuple reçut des encouragements inattendus de la part de deux hommes qui se tenaient parmi eux : un vieux prophète du nom d’Aggée et un jeune prophète du nom de Zacharie. Aggée rappela au peuple que la véritable gloire du temple de Salomon ne venait pas de ce que Salomon ou quiconque lui avait apporté. Ce n’était pas le temple de Salomon. C’était le temple du Seigneur. Aggée a déclaré : « Encore une fois, ce sera dans peu de temps, et j’ébranlerai les cieux et la terre, et la mer, et la terre sèche ; et j’ébranlerai toutes les nations. Et l’objet du désir de toutes les nations viendra, et je remplirai cette maison de gloire, dit l’Éternel des armées. L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit l’Éternel des armées : la dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première, dit l’Éternel des armées » (Ag 2.6-9, Darby).

L’espoir grandit encore quand le jeune prophète Zacharie prit la parole : « Sois transportée d’allégresse, Sion la belle ! Lance des acclamations, Jérusalem la belle ! Il est là, ton roi, il vient à toi ; il est juste et victorieux, il est pauvre et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse » (Za 9.9).

En quoi ces prophéties extraordinaires s’appliquent-elles à l’entrée de Jésus dans Jérusalem, telle qu’elle est rapportée dans Matthieu 21.1-11 ?

« Par cette entrée royale, Christ se conformait à une ancienne coutume hébraïque. La monture était semblable à celle des rois d’Israël ; c’était celle que la prophétie avait désignée comme devant servir au Messie venant dans son royaume. Dès que Jésus se fut assis sur l’ânon, un immense cri de triomphe déchira les airs. La multitude l’acclamait comme Messie et comme Roi. Jésus accepta, cette fois-ci, les hommages qu’il n’avait jamais tolérés auparavant, et les disciples en conclurent que leurs joyeuses espérances allaient se réaliser, et qu’ils allaient le voir monter sur le trône. La foule était convaincue que l’heure de l’émancipation nationale allait sonner. Leur imagination voyait déjà les armées romaines chassées de Jérusalem, et Israël redevenu une nation indépendante. »

Nous voyons sans cesse de quelle manière les Écritures se sont accomplies, et pourtant, à ce moment-là, les gens ne l’ont pas compris. Les idées préconçues peuvent déformer la vérité. Quelles leçons en tirer pour nous-mêmes ?

Lundi: Jésus dans le temple

Dès les premiers jours de l’humanité déchue, Dieu choisit un moyen pour enseigner au monde le plan du salut, le salut par grâce par la foi dans le Messie à venir : les sacrifices d’animaux (voir Rm 4.13-16).

Genèse 4 en est un puissant exemple. Il s’agit de l’histoire de Caïn et Abel, et de la tragédie qui s’ensuivit au sujet de l’adoration, entre autres (voir également Ap 14.7-12). Ainsi, quand Dieu a appelé Israël, son peuple élu, à être « un royaume de prêtres et une nation sainte » (Ex 19.6), il a aussi établi le service du sanctuaire comme une explication plus complète du salut. Depuis le tabernacle dans le désert, en passant par le temple de Salomon, et jusqu’au temple construit après le retour de Babylone, l’évangile a été révélé dans les symboles et les types du service du sanctuaire.

Cependant, malgré leurs origines divines, le temple et ses rituels étaient conduits par des êtres humains déchus et, comme pour tout ce qui impliquait le peuple, la corruption s’ensuivit. Même ce service sacré que Dieu avait institué pour révéler son amour et sa grâce à un monde déchu n’a pas échappé à la corruption. Au temps de Jésus, les choses étaient tellement perverties par l’avarice et la cupidité des prêtres (ceux-là mêmes à qui l’on avait confié l’administration des services !) que « le caractère sacré du service sacrificiel s’était effacé, dans une grande mesure, aux yeux du peuple. »

Lisez Matthieu 21.12-17. Quelles leçons y a-t-il pour ici nous, adorateurs de Dieu ?

Comme dans beaucoup d’autres occasions, Jésus cite les Écritures pour justifier ses actes, une preuve de plus qu’en tant que disciples du Seigneur, nous devons mettre la Bible au centre de notre vision du monde et de notre système moral. En plus de citer les Écritures, il a guéri miraculeusement des aveugles et des boiteux. Tout cela montrait avec encore plus de puissance et de conviction l’origine divine de sa nature et de son appel. Quelle tragédie ! Ceux qui auraient dû être les plus sensibles et les plus réceptifs à toutes ces preuves ont été ceux qui l’ont le plus farouchement combattu. Craignant pour leurs trésors terrestres et leur statut d’« intendants » et de « gardiens » du temple, beaucoup devaient passer à côté de l’objet même du service du temple : le salut en Jésus.

Comment nous assurer que nous ne laissons pas notre souhait de garder ou d’obtenir quoi que ce soit sur terre, même si c’est quelque chose de bien, compromettre ce qui compte vraiment : la vie éternelle en Jésus ?

Mardi: Pas de fruits

Quand Jésus a purifié le temple, c’était un acte de compassion. C’est dans le parvis des Gentils que le commerce avait lieu, et Jésus était déterminé : sa maison devait être un lieu de prière et d’adoration pour tous les peuples.

Mais la purification était aussi un acte de jugement. Les prêtres qui dirigeaient le temple avaient ruiné leurs chances de bénir tous les peuples. Le jour de leur jugement était proche. Si, après tout ce que Jésus avait fait pour révéler sa mission divine, ces hommes persistaient à refuser de l’accepter, que pouvait-il arriver d’autre, excepté qu’ils récoltent les fruits de leurs choix malheureux ?

Lisez Matthieu 21.18-22. En quoi le fait que Jésus maudisse le figuier a-t-il un lien avec la purification du temple ?

Jésus a maudit le figuier comme une parabole sur un grand nombre de chefs de la nation juive qui récoltaient finalement et irrévocablement ce qu’ils avaient semé. Cependant, n’oublions pas que cette parabole ne concerne pas tous les chefs religieux. Beaucoup ont en effet accepté la foi en Jésus comme Messie. « La parole de Dieu se répandait, le nombre de disciples se multipliait rapidement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres obéissait à la foi » (Ac 6.7). Pourtant, de la même manière que le figuier ne portait pas de fruit, le ministère du temple n’en portait pas non plus, et il allait bientôt devenir invalide.

Cet acte, ainsi que les paroles de Jésus, ont dû être un choc pour les disciples, qui essayaient encore d’intégrer les leçons de compassion et d’inclusion que Jésus avait révélées tout au long de son ministère. C’est ce même Jésus qui avait déclaré qu’il était venu, non pour condamner le monde, mais pour le racheter. Ce même Jésus qui avait affirmé : « le Fils de l’homme est venu non pour perdre les âmes des hommes mais pour les sauver » (Lc 9.56, Colombe). Chaque parole et chaque acte de son ministère était consacré à la restauration de l’humanité déchue, et montrait aux hommes l’espérance et la promesse d’une nouvelle vie en lui. Le fait qu’il ait agi et parlé si durement, de manière aussi irrévocable, tout cela les surprit, et c’est pour cela que Matthieu a écrit qu’ils « furent dans l’admiration » (Colombe) de ce qu’il avait fait.

Pas de doute là-dessus : il y a des gens qui, tôt ou tard, rejettent totalement la miséricorde et la grâce de Dieu (voir Gn 6.13 ; 15.16 ; 19.24 ; Ap 22.11). Pourquoi est-il cependant si important de laisser ce genre de jugements à Dieu et de ne jamais les faire nous-mêmes, que ce soit à propos d’autrui ou encore de nous-mêmes ?

Mercredi: La pierre

S’il ne vous restait que quelques jours à vivre, que feriez-vous ? Jésus, lui, a entre autres raconté des histoires qui allaient avoir un profond impact sur ses auditeurs.

Lisez Matthieu 21.33-46. Qui est représenté par chacun des personnages suivants :
- Propriétaire :
- Fermiers :
- Serviteurs :
- Fils :

Remarquez comment Jésus cite Psaume 118.22,33.

« En citant la prédiction relative à la pierre rejetée, le Christ faisait allusion à un incident de l’histoire d’Israël. […] Lors de la construction du temple de Salomon, les immenses pierres qui devaient entrer dans les murs et les fondations étaient entièrement préparées dans la carrière ; il n’y avait plus lieu de les travailler quand elles arrivaient sur l’emplacement ; les ouvriers n’avaient qu’à les mettre à leur place. On avait amené une pierre de grandeur inhabituelle qui devait trouver place dans le fondement, mais les ouvriers ne trouvèrent pas sa place et la mirent de côté. Elle les gênait au passage et resta longtemps sans emploi. Cependant, quand on arriva à l’angle, les constructeurs cherchèrent en vain une pierre suffisamment grande et solide, de dimensions convenables, susceptible d’occuper cette place et de supporter le poids de l’édifice. […] Pour finir, l’attention se porta sur la pierre qui avait été rejetée. […] L’épreuve réussit, la pierre fut acceptée, amenée à la place prévue, et l’on vit qu’elle répondait exactement au besoin. »

Relisez Matthieu 21.44.
Il y a deux manières de considérer cette pierre : l’une, c’est de tomber sur cette pierre et de se briser. L’autre, c’est que la pierre tombe sur nous, et nous écrase. Quelle est la différence cruciale entre les deux ?
Voir également Ps 51.7 et Dn 2.34.

Jeudi: Le prix de la grâce

La grande nouvelle de la Bible, c’est que nous avons été créés par un Dieu d’amour qui nous a donné à tous une porte de sortie dans ce chaos de péché et de mort par le sacrifice de Jésus sur la croix. C’est un thème qui apparaît dans toute la Bible, sous une forme ou une autre. Il est également présent dans la parabole que Jésus a racontée.

Lisez Matthieu 22.1-15. Qu’enseigne cette parabole sur le salut par la foi ?

Aussi dure que puisse paraître cette parabole, il est important de se souvenir que l’enjeu est de taille : la vie éternelle ou la destruction éternelle pour chaque être humain. Qu’y a-t-il de vraiment important comparé à cela ?

Quand on regarde à la Croix, et à ce que cela a coûté à Dieu pour sauver l’humanité, nous devrions voir combien les enjeux sont vastes, et incroyablement profonds. Nous parlons de la Personne de la divinité éternelle qui a pris sur elle tout le poids de la colère de Dieu contre le péché. Impossible de faire plus grave. Si ce thème doit faire l’objet de notre étude durant le reste de l’éternité, il n’est pas étonnant que nos esprits aient du mal à le saisir pour le moment.

Nous avons donc ces paroles sans aucune équivoque dans cette parabole. Dieu a tout prévu pour que tous participent au repas des noces (voir Ap 19.7). Tout ce qui était nécessaire a été prévu gratuitement, à un prix si grand qu’aucune parabole ne pouvait le révéler à sa juste mesure. C’était déjà terrible que les gens qui avaient été invités aux noces prennent cette invitation « à la légère » et continuent de vaquer à leurs occupations. Mais certains ont même attaqué ceux qui venaient leur transmettre l’invitation. La réaction inflexible n’est donc pas surprenante

Quel est le sens de l’habit de noces ? Voir également Ap 19.8.

Le vêtement représente la justice de Christ, une justice qui se révèle dans la vie et les actes des saints. L’homme sans habits représente les chrétiens qui se réclament des privilèges de la grâce et du salut, mais qui n’ont pas laissé l’évangile transformer leur vie et leur caractère. Tout a été prévu, à un grand prix, pour tous ceux qui tiennent compte de l’invitation.

Comme le montre cette parabole, entrer dans le royaume de Dieu, c’est un peu plus que simplement se présenter à la porte.

Vendredi : Pour aller plus loin...

Les gros titres de ce journal londonien disaient : « Une femme morte depuis trois ans dans son appartement : le squelette de Joyce retrouvé sur le canapé avec la télé allumée ».

Morte depuis trois ans dans un appartement, et elle n’a manqué à personne ? Personne ne l’a appelée pour prendre de ses nouvelles ? Comment cela a-t-il pu arriver, surtout à notre époque, où la communication n’a quasiment pas de limites ?

Quand ce fait divers a été publié, la presse du monde entier s’en est fait l’écho, mais les Londoniens furent particulièrement sous le choc. Comment avait-elle pu rester là, morte, sans que personne ne s’en rende compte ? Cependant, sans l’espérance et la promesse de l’évangile, et du salut qui a coûté si cher pour nous, nous sommes tous voués au même oubli que cette pauvre femme. Mais la situation est pire, car il n’y aura personne pour nous retrouver, ou même pour se lamenter sur nos trois années de disparition, ou même sur nos trois milliards d’années après les faits.

Les scientifiques actuels sont unanimes : tôt ou tard, tout le cosmos va s’essouffler et expirer dans ce qu’on a appelé « la mort thermique de l’univers », entre autres expressions du même genre. Ce que la Croix nous dit, cependant, c’est que cette idée est fausse. À la place de l’oubli éternel, nous pouvons avoir la promesse de la vie éternelle dans un nouveau ciel et une nouvelle terre. Avec des perspectives aussi incroyables devant nous, comment apprendre à ne jamais laisser qui ou quoi que ce soit se mettre en travers de notre chemin, ce chemin qui nous permettra d’obtenir ce qui nous a été offert en Jésus ?

Discussion Questions:

  • Méditez sur la puissance et l’irrévocabilité de la mort, et sur la vanité des efforts humains pour la contrer depuis des millénaires. Au mieux, nous pouvons préserver nos cadavres jusqu’à un certain point, ce qui ne neutralise pas plus la mort qu’une nouvelle couche de peinture sur une voiture sans moteur ne la fera rouler de nouveau. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait fallu un évènement aussi intense et spectaculaire que la mort et la résurrection du Fils de Dieu pour vaincre la mort pour nous. Que nous enseigne cette vérité sur la place centrale que doit avoir la Croix dans toutes nos espérances, et dans tout ce que nous croyons ?
  • Méditez plus longuement sur ce que signifie être couvert par la justice de Christ. En quoi une compréhension équilibrée de cette idée importante nous préserve-t-elle du piège de la grâce à bon marché ou du légalisme, et pourquoi est-il crucial d’éviter les deux extrêmes ?