Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 10

Philippe missionnaire

Étude de la semaine : 2 Co 4.18 ; Ac 2.44-47 ; Ac 4.34-37 ; Ac 6.1-7 ; Ac 21.7-10

Versets à mémoriser: « Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1.8, Colombe).

La mission mondiale a constitué la principale préoccupation du Christ ressuscité pendant les quarante jours qui se sont écoulés entre sa crucifixion et sa résurrection. Le Nouveau Testament préserve au moins cinq de ses déclarations en lien avec le mandat évangélique : Matthieu 28.18-20 ; Marc 16.15 ; Luc 24.47-49 ; Jean 20.21 ; Actes 1.5-8. Ensemble, elles constituent la plus grande mission jamais confiée aux chrétiens. Parmi les ordres de Jésus, il y a une stratégie géographique pour l’évangélisation, depuis sa base à Jérusalem jusqu’en Judée et en Samarie puis, au final, jusqu’aux extrémités de la terre. C’est un ordre qu’ils ont bien pris au sérieux et qu’ils ont entrepris d’accomplir.

Cette stratégie géographique est importante dans l’oeuvre missionnaire de Philippe l’évangéliste. D’après Actes 8, son travail s’est étendu en cercles concentriques à partir de Jérusalem. Autrement dit, l’oeuvre s’est étendue de plus en plus loin au fil du temps.

Qui était ce Philippe ? Que nous dit la Parole de Dieu sur lui et sur l’oeuvre qu’il a accomplie aux premiers jours de l’église primitive ? Enfin, quelles leçons tirer pour nous-mêmes du récit inspiré de ce missionnaire des débuts ?

Dimanche: Philippe l’évangéliste

« Aussi nous regardons, non pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; car ce qui se voit est éphémère, mais ce qui ne se voit pas est éternel. » (2 Co 4.18)

Pensez à ce que Paul est en train de dire ici, en particulier alors que nous étudions Philippe l’évangéliste cette semaine, quelqu’un dont on ne sait pas grand-chose à part les quelques références que l’on a sur lui dans la Bible. Comme nous le verrons cependant, Philippe a accompli une bonne oeuvre même si nous savons peu de choses sur ce qu’il a fait.

Connaissez-vous des gens qui ont fait de grandes choses pour Dieu, mais avec très peu de reconnaissance extérieure ? Pourquoi est-il toujours important de garder en tête le principe des paroles de Paul, en particulier si nous faisons une oeuvre qui ne recueille pas beaucoup d’attention ni de louanges ? Voir également 1 Co 4.13.

Philippe était un prénom grec répandu et qui signifie « amateur de chevaux ». Dans le Nouveau Testament, quatre personnes portent ce prénom. Deux avaient en plus le prénom Hérode et faisaient partie de la famille dirigeante, qui régnait généralement d’une main de fer sur Israël à l’époque du Nouveau Testament. Les deux Philippe qui restent ont eu un rôle déterminant dans la mission.

Le premier, Philippe de Bethsaïda, était un disciple qui a permis à Nathanaël de rencontrer Jésus (Jn 1.43-46). Plus tard, il a amené des Grecs à Jésus (Jn 12.20,21).

Le deuxième Philippe a été appelé « l’évangéliste » dans Actes 21.8 (Colombe), pour le distinguer de Philippe le disciple. Il apparaît d’abord dans l’église de Jérusalem en tant que « serveur » (Ac 6.2-5) devenu ensuite évangéliste et missionnaire (Ac 8.12). Son service missionnaire, qui s’étend sur plus de vingt ans, et complété par ses quatre filles prophétesses, est mentionné dans les Actes. Nous ne savons pas grand-chose de plus de lui.

« Ce fut Philippe qui prêcha l’évangile aux Samaritains. Ce fut Philippe qui eut le courage de baptiser l’eunuque éthiopien. Pendant un temps, l’histoire de ces deux ouvriers [Philippe et Paul] avait été étroitement liée. Ce fut la violente persécution de Saul le Pharisien qui avait dispersé l’église de Jérusalem et réduit à néant l’efficacité de l’organisation des sept diacres. La fuite de Jérusalem avait amené Philippe à changer sa manière d’oeuvrer, et il a poursuivit le même appel que celui pour lequel Paul donna sa vie. Ce furent de précieuses heures que celles que passèrent Paul et Philippe en la compagnie l’un de l’autre. Palpitants étaient les souvenirs de l’époque où cette même lumière qui avait illuminé le visage d’Étienne, tourné vers le ciel alors qu’il souffrait le martyre, avait manifesté sa gloire sur Saul le persécuteur, l’amenant, suppliant et impuissant, aux pieds de Jésus. »

Lundi: Serveur à table

Lisez Actes 2.44-47 ; 4.34-37. Quel genre de tableau de l’église primitive est présenté ici ?

Aucun doute là-dessus, les choses allaient plutôt bien pendant un certain temps parmi les premiers croyants. Bien entendu, nous sommes tous des êtres déchus, et il ne fallut pas longtemps pour que des tensions émergent.

Lisez Actes 6.1-7. Quels problèmes ont surgi, et comment l’église a-t-elle géré ces problèmes ?

La croissance rapide de l’église de Jérusalem a entraîné beaucoup de tensions sociales. Philippe fut nommé dans une équipe pour s’en occuper. Parmi les convertis, il y avait des gens moins privilégiés et en difficulté financière, et dont la participation aux repas quotidiens exerçait une pression croissante sur les chefs de l’église. Certains murmurèrent que la distribution des repas ne se faisait pas de manière équitable pour les veuves de langue grecque. C’était une question particulièrement sensible en raison des rappels faits par les prophètes hébreux de ne pas négliger les veuves et les orphelins.

Pour résoudre ce problème sérieux, les douze apôtres ont rassemblé les croyants et ont suggéré de nommer sept hommes, remplis du Saint-Esprit et de sagesse, qui devaient « servir aux tables » pour que les douze puissent être au service de la Parole (voir Actes 6.3,4). Tous les sept avaient des prénoms grecs, ce qui indique peut-être que l’on a souhaité rééquilibrer le service de bienfaisance pour les veuves de langue grecque qui étaient négligées. Parmi ces diacres se trouvait Philippe, et c’est la première fois que ce Philippe est mentionné dans la Bible.

Les apôtres ont avancé que des chefs supplémentaires étaient nécessaires, pour qu’ils ne soient pas surchargés de travail par l’administration des ressources nécessaires pour la vie communautaire. Ils ont mis en avant que leur appel était de se consacrer à la Parole de Dieu et à la prière.

Citez quelques-unes des questions qui ont un potentiel de division dans votre église locale.
Comment laisser Dieu vous employer pour contribuer à les apaiser ?

Mardi: Philippe en Samarie

Saul, futur apôtre et missionnaire, fait sa première apparition dans la Bible lors de la lapidation du diacre Étienne, le premier martyr chrétien. Cette vague de persécutions, cependant, n’a fait que contribuer à faire avancer la propagation de l’évangile.

Lisez Actes 8.1-6. Quel fut le résultat de la persécution de l’église à Jérusalem ?

La Samarie était le premier passage obligé dans la propagation du christianisme. Les samaritains se considéraient comme des descendants des Israélites, laissés en arrière quand l’Assyrie avait exilé la majorité des Israélites en 722 av. J.-C. Les Juifs, cependant, considéraient les Samaritains comme des descendants d’étrangers que les Assyriens avaient installés de force en Israël. Les relations entre Juifs et Samaritains à l’ère du Nouveau Testament ont été marquées par des tensions et des explosions de violence. Pourtant, comme nous l’avons vu plus tôt, Jésus avait déjà préparé le terrain pour l’oeuvre missionnaire lorsqu’il avait parlé à cette femme au puits. Cette femme, en retour, avait commencé à « évangéliser » son propre peuple.

L’appel de Philippe à servir à table se mua en l’appel d’un évangéliste missionnaire auprès des Samaritains. Réfugié fuyant la persécution religieuse à Jérusalem, il n’a pas perdu son temps. Il a proclamé que le Messie, attendu à la fois par les Juifs et les Samaritains, était venu (Ac 8.5,12).

Lisez Actes 8.6-15. Quel fut le succès du ministère de Philippe en Samarie ?

Philippe a été employé de manière puissante par le Seigneur dans ce premier champ missionnaire étranger. La déclaration de la femme au puits, que « les Juifs ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains » (Jn 4.9), appartenait désormais au passé.

Quelles animosités, rancunes et préjugés qui empoisonnent votre âme ont besoin d’appartenir désormais au passé ? N’est-ce pas le moment de tout laisser derrière vous ?

Mercredi: En compagnie de l’Éthiopien

D’après Actes 8.26-39, la personne avec laquelle Philippe entre en contact immédiatement après fut un intendant éthiopien, contact qui rapprochait encore davantage la mission des « extrémités de la terre » (Ac 1.8). Philippe était le lien entre la Samarie et la mission pour Gaza. Depuis la Samarie, au nord de Jérusalem, Philippe a été appelé à Gaza, qui se trouve au sud de la ville. Son oeuvre dans le nord se concentrait sur un groupe donné. Ici, elle se concentra sur une seule personne. En Samarie, Philippe pouvait proclamer le Christ uniquement à partir des cinq livres de Moïse, car c’est tout ce que les Samaritains acceptaient. Maintenant, il pouvait aussi se servir du livre d’Esaïe, probablement dans sa traduction grecque.

Lisez Actes 8.26-39 et répondez aux questions suivantes : quels textes d’Esaïe (tirés du chapitre 53) l’Éthiopien lisait-il, et pourquoi ont-ils donné à Philippe la parfaite occasion pour l’évangéliser ?

Contrairement à l’oeuvre de Philippe en Samarie, où il a fait des miracles (Ac 8.6), tout ce qu’il a fait avec l’Éthiopien a été d’étudier la Bible. Quelle idée retirer de cela pour nous-mêmes dans notre service envers les autres ?

L’Esprit du Seigneur a enlevé Philippe dès qu’il a eu fini d’expliquer « la bonne nouvelle de Jésus » et qu’il eut baptisé l’Éthiopien. Philippe n’a pas eu l’occasion de transmettre ses croyances et ses enseignements à son nouveau converti. L’Éthiopien est resté seul après avoir adopté la foi chrétienne dans le contexte de sa culture africaine, guidé par l’Ancien Testament et l’Esprit de Dieu, qui travaillait déjà en lui, car c’était déjà un adorateur du Seigneur et un croyant en sa Parole.

Philippe a expliqué à l’Éthiopien des textes cruciaux sur la mort de Jésus. Pourquoi Jésus, sa mort et sa résurrection, doivent-ils être centraux dans le message que nous délivrons au monde ? Quel est notre message sans lui ?

Jeudi: Philippe l’évangéliste, le Père et l’Esprit

Philippe, clairement, a été oint pour accomplir l’oeuvre du Seigneur. Les commentateurs sont divisés sur ce que signifie la phrase : « L’Esprit du Seigneur enleva Philippe. » (Ac 8.39). Est-ce qu’il lui a simplement dit d’aller à Azoth (v.40), ou bien Philippe a-t-il été transporté miraculeusement là-bas ? Quoi qu’il en soit, l’idée cruciale pour nous c’est que Philippe était un homme soumis au Saint-Esprit, et que Dieu a donc pu se servir de lui pour accomplir une grande oeuvre.

Lisez Actes 8.40. Que nous dit ce texte sur Philippe qui nous aide à comprendre pourquoi on l’a appelé l’évangéliste ?

Lisez Actes 21.7-10. Que pouvons-nous apprendre de ces quelques versets ?

À ce stade de l’histoire, nous apprenons que Philippe était un père de famille avec quatre filles célibataires. La vocation de Philippe devenu évangéliste après avoir été diacre l’a entraîné dans un grand voyage. Nous avons connaissance du parcours depuis Jérusalem à Samarie, puis jusqu’à Gaza, avec ensuite « toutes les villes où il passait » sur la côte longue de quatre-vingts kilomètres entre Azoth et Césarée. Il y a probablement eu des voyages non rapportés. Comme tous les missionnaires pionniers, il a dû être harcelé, gêné et sujet aux « hauts et bas » que de tels engagements impliquent. Pourtant, il dirigeait bien sa famille, si bien que ses quatre filles ont été jugées aptes par le Saint-Esprit à recevoir le don de prophétie. Cela rend témoignage aux qualités de parent et à la véritable piété dans cette famille chrétienne missionnaire pionnière.

Le texte révèle que l’apôtre Paul est resté avec Philippe « plusieurs jours » (v.10). Vingt-cinq ans plus tôt, Paul, alors prénommé Saul, avait été un persécuteur acharné des chrétiens (Ac 9.1,2). Sa persécution des chrétiens de Jérusalem avait forcé Philippe à fuir en Samarie (Ac 8.1-5). À présent, des années après, persécuteur et persécuté se rencontrent dans la maison de Philippe, qui accueille Paul chez lui. Quelle réunion intéressante de frères et de co-ouvriers avec Christ dans la grande cause qui est d’amener l’évangile au monde non-juif !

Dans notre oeuvre auprès des autres, pourquoi est-il si crucial de ne jamais oublier notre première obligation : nos familles ?

Vendredi : Pour aller plus loin...

Lisez Ellen White, « L’Évangile en Samarie », Conquérants pacifiques, p. 91-98.

« Lorsqu’ils furent dispersés par la persécution, ils partirent remplis de zèle missionnaire, se rendant compte de l’importance de leur tâche. Ils savaient qu’ils possédaient le pain de vie nécessaire à un monde affamé de vérité, et l’amour du Christ les contraignait de rompre ce pain pour tous ceux qui en avaient besoin. »

« Lorsque les disciples furent chassés de Jérusalem, quelques-uns d’entre eux trouvèrent en Samarie un lieu de refuge sûr. Les Samaritains accueillaient ces messagers de l’Évangile avec joie, et les Juifs convertis récoltèrent une précieuse moisson parmi ceux qui avaient été autrefois leurs pires ennemis. »

Discussion Questions:

  • Comme nous l’avons vu, l’évangile abat les barrières entre les gens. Ou du moins, c’est l’idéal. La réalité est parfois radicalement différente. Qu’y a-t-il chez les humains, même chez les chrétiens, chez ceux qui comprennent que nous sommes tous égaux devant Dieu, qui comprennent que la Croix met tout le monde au même niveau, pour que nous laissions tout de même les barrières culturelles, sociales et autres nous diviser encore à ce point-là ? Comment l’Église Adventiste du Septième Jour, qui est tellement universelle, peut-elle décourager de tels préjugés ?
  • Comme nous l’avons vu, la persécution de l’église primitive a poussé les croyants à fuir, et en conséquence, l’évangile a commencé à se propager d’une manière qui n’aurait pas été possible sans la persécution. Même si Dieu a pu en tirer un bien, nous ne devons pas oublier que la persécution religieuse n’est jamais bonne, jamais juste, jamais justifiée. Quelle devrait être notre attitude envers ceux qui subissent la persécution religieuse, même si nous ne sommes pas d’accord avec leurs croyances ? (Voir Luc 6.31).