Pôle chrétien

Leçon de l'Ecole du Sabbat


Samedi: SABBAT APRÈS-MIDI

Leçon 9

Un seul Législateur et Juge

Étude de la semaine : Jc 4.11-17 ; Ac 17.11 ; He 4.15, 16 ; Lc 12.13-21 ; Ec 2.15-19 ; Tt 2.14

Versets à mémoriser: " « Un seul est Législateur et Juge, celui qui peut sauver et perdre; mais, qui es-tu pour juger ton prochain ? » (Jc 4.12). "

Notre attitude envers la loi, que ce soit celle de Dieu ou celle des hommes, affecte nos relations aux autres et même notre relation à Dieu lui-même. Avez-vous remarqué que parfois les gens riches et célèbres agissent comme s’ils étaient au-dessus des lois ? Même ceux qui font les lois, ou qui les appliquent, recherchent parfois des moyens de rédiger les lois pour leur intérêt personnel. Ainsi, le non-respect des lois d’une société donnée peut impliquer le non-respect d’autrui, car les lois régissent nos relations les uns avec les autres.

En même temps, ceux dont l’attitude envers la loi est stricte et intransigeante peuvent également avoir des difficultés dans leurs relations interpersonnelles. À un niveau plus profond, notre conception de la loi dépend du degré de respect que nous avons pour la sagesse des législateurs et de l’équité de leurs lois.

Au début de la leçon de cette semaine, nous examinerons la loi puis nous aborderons des paroles importantes sur une certaine forme d’arrogance dont nous ne sommes peut-être pas conscients, mais au sujet desquelles nous avons reçu un avertissement comme étant un péché, une violation de la loi de Dieu. En fait, ici, dans Jacques, nous avons une autre manière de voir le péché.

Dimanche: Jugement ou discernement?

« Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d’un frère ou qui juge son frère médit de la loi et juge la loi. Or si tu juges la loi, tu n’en es pas l’observateur, mais le juge » (Jc 4.11, Colombe).

En quoi juger les autres revient-il à se placer en juge de la loi ?

L’expression initiale dans le verset 11 qui est traduite littéralement par: médire, accuser ou dire du mal peut comprendre plusieurs péchés de parole, dont la calomnie, le faux témoignage, et des paroles furieuses (voir Lv 19.15-18). D’un côté, il semble que Jacques emploie un langage plus modéré ici que clans le chapitre 3, or cependant, les implications liées au fait de médire sur son frère ou sa sœur semblent plus sérieuses, car cela remet en question la loi elle-même. En assumant le rôle de juge, nous ignorons nos propres faiblesses (voir Mt 7.1-3) pour nous focaliser sur les torts de quelqu’un d’autre à la place, comme si nous étions d’une certaine manière en dehors ou au-dessus de la loi. Nous négligeons d’aimer notre prochain comme nous-mêmes (Lv 19.18). Ainsi, nous n’observons pas la loi.

En même temps, cependant, tandis que nous ne devons pas juger les autres, nous devons apprendre le discernement spirituel.

Identifiez dans les passages suivants les domaines dans lesquels le discernement spirituel est nécessaire : Actes 17.11, 1 Corinthiens 6.1-5, 2 Corinthiens 13.5, Philippiens 1.9, 1 Jean 4,1, Galates 6.1.

Nous devons comparer ce que les gens enseignent et prêchent à la Parole de Dieu. Nous devrions également, autant que possible, encourager les membres d’Eglise à régler leurs différends entre eux plutôt que dans des tribunaux, où les juges ne sont pas nécessairement guidés par la Parole de Dieu. Et surtout, nous devons nous examiner quant à la santé de notre relation de foi et quand à savoir si l’objet de nos méditations nous élève ou bien est nuisible à notre vie chrétienne.

C’est tellement facile de critiquer et de juger les autres, en particulier quand ils font des choses qui nous déplaisent. Comment apprendre à savoir si nous avons dépassé la limite entre avoir du discernement spirituel et juger la loi de Dieu ?

Lundi: Le Législateur est Juge

Toutes les lois de l’Ancien Testament viennent de Jésus. On les appelle parfois les lois de Moïse parce qu’elles ont été données par son intermédiaire (2 Ch 33.8, Ne 10.29), mais c’est Jésus qui a guidé les Israelites dans le désert et qui leur a donné les Dix Commandements au Mont Sinaï (voir 1 Co 10.1-4). Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus a clarifié et développé la loi. Il est la « Parole [...] devenue chair » (Jn 1.14), et c’est par sa Parole que nous serons jugés (Jn 12.48).

« Un seul est Législateur et Juge, celui qui peut sauver et perdre; mais toi, qui es-tu pour juger ton prochain ? » (Jc 4.12)

Que nous disent les versets suivants sur le fait que Jésus est notre Juge?
Es 33.22; 11.1-5 ; He 4.15, 16; Ap 19.11-16.

Seul quelqu’un qui connait très bien la loi est qualifié pour juger si oui et non elle a été transgressée. Les avocats étudient de nombreuses années avant de passer l’examen du barreau, qui sanctionnera si oui ou non ils sont prêts à commencer leur pratique. Les scribes de l’époque de Jésus (dont beaucoup étaient pharisiens) étudiaient également avec beaucoup d’application, et non seulement les lois mosaïques, mais aussi toutes les traditions légales. Le fait que Jésus n’était pas d’accord avec beaucoup de ces traditions a entrainé de sérieux conflits avec les chefs. Mais puisqu’il est celui qui a donné ces lois, il était et demeure le seul habilité à expliquer ce qu’elles signifient et à déterminer si oui ou non elles ont été transgressées. De sorte que lorsqu’il reviendra, sa récompense sera avec lui pour la donner à tous selon leurs œuvres (Ap 22.12). De plus, en prenant sur lui la nature humaine, en vivant une vie sans péché, en mourant à notre place, et après sa victoire par la résurrection sur le péché et la mort, Jésus est capable de nous sauver du péché.

« Dieu a remis tout jugement au Fils, car sans controverse possible, il est Dieu manifesté en chair. Dieu a destiné le Prince de ceux qui souffrent parmi l’humanité à être Juge du monde entier. Celui qui est sorti des cours célestes pour sauver l’homme de la mort éternelle [...] celui qui s’est soumis pour être traduit en justice devant un tribunal terrestre, et qui a souffert la mort ignominieuse de la croix, lui seul prononcera la sentence de récompense ou de châtiment. » Ellen G. White, Maranatha, p. 341. En tant que Législateur et Sauveur, le Christ est le seul apte à être notre Juge.

Récompense ou châtiment, nous serons face soit à l’un soit à l’autre. Quel est votre espoir de récompense ?

Mardi: Faire des plans

Lisez Jacques 4.13, comparez avec Luc 12.13-21.

Comment trouver l’équilibre entre planifier prudemment l’avenir et notre besoin de vivre chaque jour dans l’attente du retour imminent du Christ ? Comment éviter le piège qui consiste à se contenter de construire des « granges » plus grandes?

Il semble très raisonnable de planifier un an à l’avance ou même plus. Les entreprises ont en général des plans à court, moyen et long terme. Les individus et les familles ont besoin d’épargner pour l’avenir et d’anticiper des dépenses imprévues. D’un autre côté, nous croyons également que Jésus revient bientôt, et que, un jour, tous nos biens terrestres seront consumés par les flammes (voir 2 P 3.10-12).

Ces deux approches de la vie ne sont pas nécessairement opposées. Quelqu’un a dit: « Faites des projets comme si Jésus ne revenait pas avant des années, mais vivez chaque jour comme si Jésus revenait demain. » Cela est tout à fait valable, bien que les projets à long terme peuvent compliquer le fait de vivre un jour à la fois. La majorité de ceux qui entendaient Jésus (et sans aucun doute beaucoup de chrétiens aujourd’hui) se dit que l’homme riche qui décida de construire des granges plus grandes était prospère parce que Dieu le bénissait. Mais Jésus nous révèle les pensées de cet homme: « Tu as beaucoup de biens en réserve, pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois et fais la fête » (Lc 12.19). En bref, son souci global était d’accumuler des trésors pour lui-même.

Plus important encore : plutôt que de faire des projets trop fermes et définitifs," vous devriez dire, au contraire, Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela" (Jc 4. 15). Cela signifie un peu plus que simplement ajouter « d.v. » (Deo volente, expression latine signifiant « si Dieu le veut ») à la fin d’une phrase sur nos projets futurs. Cela signifie que nous devons soumettre tous nos plans à Dieu. Nous pouvons prier: « Dieu, je veux connaitre ta volonté. Si ces projets ne te plaisent par, je t’en prie, montre-le-moi ». Puis, si nos projets ne sont pas bons, Dieu nous le montrera, aussi longtemps que nous demeurons attentifs et disposés à rectifier nos projets ou à les changer entièrement.

Relisez Jacques 4.13. Bien qu’en surface, il me semble y avoir rien de mal dans ce qui dit, de toute évidence il y a bien un problème. Pas au niveau de ce que les gens veulent faire, mais dans leur attitude. Comment faire attention à ne pas être pris dans la même attitude, même inconsciemment ?

Mercredi: Une vapeur

Lisez Jacques 4.14. Quelle remarque cruciale fait-il ici ?

La vie est incertaine. Chaque respiration est un don. Jacques 4.14 emploie un mot grec très rare (atmis), traduit par « vapeur » ou « brouillard ». Tout comme le mot hébreu hellel (« respiration, vapeur »), cité 38 fois dans l’Ecclésiaste et qui est souvent traduit par « vanité », il souligne la nature transitoire de l’existence. Qui n’a jamais, en particulier à mesure que l’on avance en âge, ressenti combien la vie en brève ? Vers la fin de sa vie, le célèbre évangéliste Billy Graham a déclaré : « je n’aurais jamais cru que la vie passerait si vite. »

Autrement dit, l’imminence de la mort est toujours présente. Un seul battement de cœur nous sépare d’elle. N’importe lequel d’entre nous, à n’importe quel moment, pour quantité de raisons, peut mourir en l’espace d’un instant. Comme Jacques a raison quand il dit: « vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain » (4.14, S 21), y compris la mort!

« Je n’insisterai pas sur la brièveté et l’incertitude de la vie. Mais il y a un terrible danger - danger trop peu compris - à tarder de répondre aux appels pressants du Saint-Esprit. En réalité, ce délai est une décision de vivre dans le péché. » Ellen G. White, Le meilleur chemin, p. 30.

De plus, non seulement la vie est courte, mais en elle-même, elle peut également être insatisfaisante.

Lisez Ecclésiaste 2.15-19; 4.4; 5.10 ; 9.11, 12.

En quoi le message de Salomon ne fait-il qu’ajouter àce que Jacques dit?

Il y a tant d’injustice, tant d’inégalités, tant de choses qui n’ont pas de sens dans la vie. Pas étonnant que nous soupirions tous après la promesse de la vie éternelle que nous avons à travers Jésus. Sans cela, nous ne sommes qu’une vapeur qui aura bientôt disparu et sera oubliée à jamais.

Faites le point: dans quelle mesure le monde vous tient-il pris dans son étreinte ? Comment toujours garder à l’esprit combien tout cela est-il fugace ?

Jeudi: Connaitre et faire ce qui est bon

Lisez Jacques 4.15-17 dans le contexte des versets qui précèdent.

Quelle remarque cruciale fait-il ici?

Ici, Jacques évoque l’attitude d’arrogance. En fait, il qualifie cette attitude de « gloriole », et les paroles prononcées de "présomption" (Colombe) ; il ajoute que "c’est mauvais." Voilà combien la bonne attitude est importante pour le chrétien.

Lisez le verset 17. La Bible définit le péché de deux manières : (1) faire le mal; (2) ne pas faire le bien. La première définition est donnée par Jean: « le péché est une transgression de la loi » (1 Jn 3.4, Ostervald). Certaines versions modernes traduisent "le péché est la violation de la loi", mais le mot grec anomia indique des transgressions spécifiques de la loi plutôt qu’un comportement hors-la-loi permanent (voir son emploi dans Rm 4.7, Tt 2.14, He 10. 17). Jacques 4.17 donne la deuxième définition: "Si donc quelqu’un sait faire le bien et ne le fait pas, c’est un péché pour lui." Il nous faut donc aller plus loin que simplement résister à la tentation de faire du mal. Nous sommes appelés à être des enfants de lumière (Ep 5.8) et que « notre lumière brille devant les gens, afin qu’ils voient vos belles œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5.16, c’est l’auteur qui souligne).

Bien entendu, on pourrait facilement se décourager, car, après tout, qui peut faire constamment tout le bien qu’il peut chaque jour ? Mais là n’est pas la question. Même la vie de Jésus n’a pas été un parcours rempli d’activités incessantes. Il y a eu des moments où il s’est retiré pour prier ou simplement pour se reposer (Lc 5.16, Mc 6.31). Et plus important encore, il a recherché la volonté de Dieu dans tout ce qu’il faisait (Jn 5.30), Jésus a même comparé le fait de faire la volonté de Dieu au fait de manger : « Ma nourriture c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jn 4.34). Il y a des limites à ce que l’on peut avaler en une seule foi, de la même manière, il y a des limites à ce que l’on peut accomplir. C’est pourquoi, Jésus poursuit en disant que certains sèment et d’autres moissonnent, mais qu’ils se « réjouissent ensemble » (V 36-38), Alors que nous œuvrons pour le Seigneur, nous serons encouragés à faire davantage et à prier pour un plus grand empressement à être employé de toutes les manières possibles.

Comment la prière nous aide-t-elle à mourir à nous-mêmes et ainsi à conserver une attitude de soumission à la volonté de Dieu ? Quels que soient vos projets, comment apprendre à les abandonner au Seigneur ?

Vendredi : Pour aller plus loin...

Lisez Ellen G. White, sur la valeur du temps dans le chapitre « Talents » des Paraboles de Jésus, pp. 281-319, et partagez avec la classe les aspects qui vous ont impressionné.

« Que personne parmi vous ne se glorifie davantage contre la vérité en déclarant que cet esprit [de discerner les mobiles des autres] est une conséquence nécessaire de la gestion fidèle des contrevenants et du fait de se tenir debout pour défendre la vérité. Une telle sagesse compte beaucoup d’admirateurs, mais elle est trompeuse et nuisible. Elle ne vient pas d’en haut, mais est le fruit d’un cœur irrégénéré. Elle trouve son origine en Satan lui-même. Qu’aucun accusateur des autres ne se glorifie d’avoir de discernement ; car ce faisant, il habille les attributs de Satan de vêtements de justice. » — Ellen G. White Comments, The SDA Bible Commentary, vol. 7, pp. 936, 937.

« Le coupable est le premier à suspecter les autres. En condamnant son semblable, il cherche à cacher ou à excuser le mal qui est en lui. C’est par le péché que les hommes ont eu la connaissance du mal. A peine, nos premiers parents eurent-ils désobéi qu’ils se mirent à s’accuser mutuellement. Telle est la nature humaine chaque fois qu’elle n’est pas sous l’influence de la grâce. » Ellen G, White, Heureux ceux qui, pp. 132-133.

Discussion Questions:

  • Lisez la dernière citation d’Ellen White ci-dessus. Comment se prémunir de ceci : juger et accuser les autres afin d’essayer d’avoir une meilleure idée de nous-mêmes et de notre propre défaut.
  • Méditez sur la brièveté de la vie. Que devons-nous en retirer sur ce que devraient être nos priorités ? Bien que la théorie de la relativité restreinte nous dise que le temps lui-même subit des variations selon notre vitesse de déplacement dans un cadre de référence, une chose est certaine : peu importe si le temps s’écoule lentement ou rapidement, une fois qu’un instant est passé, il a disparu à jamais. Quel impact cette idée qui nous donne à réfléchir devrait-elle avoir sur la gestion de notre temps ?
  • Comment s’occuper de ceux des péchés desquels on doit s’occuper, sans pour autant tomber dans le piège mentionné par Jacques ?